Télécoms: Pourquoi s'abonner chez un opérateur virtuel est encore un bon plan

TÉLÉCOMS s MVNO diversifient leurs offres de niche et leurs services pour rester conserver leur différence face aux forfaits Free et low-cost…

Bertrand de Volontat

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Lancement de La Poste Mobile en mai 2011.
Lancement de La Poste Mobile en mai 2011. — V. WARTNER / 20 MINUTES

Les opérateurs de réseau mobile virtuels (MVNO) ont-ils enfin encaissé le choc de l’arrivée de Free mobile? L’entrée sur le marché du quatrième opérateur en janvier 2012, cassant les prix avec notamment une offre «Sim seule» tout «illimité» à 19,90 euros par mois, a marqué un coup d’arrêt au développement de ces opérateurs. Dépourvus de réseau en propre et achetant des minutes aux trois historiques Orange, SFR ou Bouygues, il suffisait auparavant à ces MVNO d’être low-cost pour exister.

Mais pris en tenaille entre les offres Free et les offres low-cost des opérateurs qui ont suivi le mouvement (Sosh, Red, B&You), quels sont désormais leurs atouts pour séduire? 

S’adresser à des niches. «En général les MVNO se sont positionnés sur des niches de marché (international, entreprises) ou ont utilisé une partie de leurs actifs (marque comme M6, réseau de distribution comme La Poste, base de clientèle comme les banques)», analyse Vincent Teulade, spécialiste téléphonie mobile chez PwC. «Les MVNO restent intéressants pour un certain type de consommateurs, explique Mathieu Drida, PDG de Meilleurmobile.com. Prixtel a par exemple des forfaits qui s’adaptent chaque mois à l’usage du client. Les MVNO font du sur-mesure pour leurs clients qui veulent tout avoir au même endroit (factures, services), comme le propose entre autres le forfait CIC Mobile de la banque éponyme.
Aussi, les MVNO placent l’international au cœur de leurs forfaits et s’adressent notamment à la population immigrée. «Cela coûte cher d’appeler en Afrique du Nord avec Free», relève Jean-Michel Huet, directeur associé BearingPoint Management & Technology Consultants. «Nous n’avons pas le choix, nous devons apporter quelque chose de spécial sur nos niches», affirme Jacques Bonifay, PDG de Transatel, spécialisé dans les forfaits frontaliers et président d’Alternative Mobile.

Miser sur le smartphone subventionné. Tous les opérateurs, y compris Free qui a dégainé en juin, cherchent à réintroduire l'achat d'un téléphone dans les offres, à crédit ou en partie subventionné. A ce titre, Virgin Mobile a intégré un mobile subventionné à comme La Poste Mobile, qui a lancé ce mercredi une offre mobile «illimitée» à 19,90 euros, devenu le prix de référence des forfaits 3G fournis avec «SIM seule». Cette offre implique de s'engager pour 24 mois et se limite à deux smartphones qui ne sont pas des iPhone. La faible data offerte (300 Mo) correspond à une offre adaptée aux smartphones moyen de gamme, explique la direction. «La Poste Mobile permet aux catégories de la population encore sous-équipées d’accéder à l’Internet mobile», détaille Marc Zemmour, PDG du groupe.

Des services à valeur ajoutée. «Les MVNO ont trop souvent été assimilés à de simples low-cost. A la différence de Free, ils ne se basent pas que sur les prix bas, souligne Jean-Michel Huet. Leur présence physique est un réel atout que n’ont pas les low-cost». La Poste compte notamment sur son réseau de 10.000 bureaux. Avec une offre de proximité, rurale, au primo-accédant, La Poste joue sur la présence d’un opérateur en zone vide pour y améliorer la qualité de service.

Pas toujours les plus compétitifs
NRJ Mobile vient de baisser les prix de ses forfaits bloqués Be Live destinés en priorité aux collégiens et lycéens. Le MVNO reste malgré tout un cran au-dessus des autres opérateurs en termes de prix. La plupart des offres similaires à bas coûts (B&You ou Sosh) sont à la fois sans engagement et plus compétitives.