Australie: une croissance solide, un argument avant les élections

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L'Australie a continué d'afficher au deuxième trimestre 2013 une croissance solide, à défaut d'être aussi vigoureuse que lors du boom minier, une performance dont s'est félicité le Premier ministre travailliste, à quelques jours des élections
L'Australie a continué d'afficher au deuxième trimestre 2013 une croissance solide, à défaut d'être aussi vigoureuse que lors du boom minier, une performance dont s'est félicité le Premier ministre travailliste, à quelques jours des élections — Saeed Khan AFP

L'Australie a continué d'afficher au deuxième trimestre 2013 une croissance solide, à défaut d'être aussi vigoureuse que lors du boom minier, une performance dont s'est empressé de se féliciter le Premier ministre travailliste, à quelques jours des élections.

Sur la période sous revue (avril-juin), le produit intérieur brut (PIB) a augmenté de 2,6% sur un an et de 0,6% par rapport au trimestre précédent, selon les chiffres officiels publiés mercredi.

Ces chiffres sont conformes ou légèrement supérieurs aux prévisions des analystes interrogés par l'agence Dow Jones Newswires, qui tablaient sur une hausse de 0,6% sur le trimestre et de 2,5% sur un an.

Au premier trimestre, le PIB avait progressé de 2,5% sur un an et de 0,5% (chiffre révisé, contre 0,6% annoncé précédemment) sur le trimestre, a précisé l'agence des statistiques.

Pour Kevin Rudd, le Premier ministre, dont les sondages prévoient la défaite lors des élections de samedi, les chiffres publiés mercredi démontrent la résistance de l'économie australienne malgré les difficultés de l'économie mondiale et le ralentissement du boom minier, moteur de la croissance du pays cette dernière décennie.

«Nous avons eu une croissance de 15% ces cinq ou six dernières années. J'attire votre attention sur le fait que l'économie britannique s'est, elle, contractée de 3% ces six dernières années», a déclaré à la presse le chef du gouvernement. «Nous avons désormais en Australie, grâce à une gestion robuste de l'économie, 22 années consécutives de croissance».

L'Australie bénéficie depuis plusieurs années de la forte demande des pays émergents en matières premières qui lui a permis d'être le seul grand pays occidental à échapper à la récession en 2008.

La croissance est cependant ralentie par le fléchissement des cours, corrélé à l'atonie de la conjoncture internationale et au ralentissement de l'activité en Chine, première consommatrice mondiale d'énergie et principal partenaire commercial du pays.

Kevin Rudd a attribué aux investissements publics autant qu'à la consommation des ménages la relative robustesse de l'économie au deuxième trimestre. «Les investissements publics sont encore, dans un contexte d'économie mondiale en difficulté, un facteur fondamental pour la solidité de l'économie australienne», a-t-il déclaré.

La consommation des ménages est restée solide grâce aux huit baisses des taux décidées par la Banque de réserve australienne depuis novembre 2011. Le taux principal de la Banque centrale est actuellement à son plus bas niveau (2,50%) depuis la création de l'institution en 1959.

De juillet 2012 à 2013, l'économie du pays a continué d'être soutenue surtout par les secteurs des mines, de la finance et de la santé, a indiqué l'agence des statistiques.

Les élections générales se dérouleront samedi dans le pays, où le parti Libéral (conservateur) mené par Tony Abbott est donné vainqueur, selon les sondages, face au parti Travailliste du Premier ministre Kevin Rudd.

Malgré une économie en bonne forme et un taux de chômage oscillant autour des 5,5%, l'opinion publique s'est fatiguée des dissensions incessantes au sein du parti Travailliste, au pouvoir depuis six ans.