Tourisme: Paris est-il pénalisé par une pénurie d’hôtels?

Bertrand de Volontat

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Hotel parisien.
Hotel parisien. — A. GELEBART / 20 MINUTES

Les vacances sont finies, les hôtels se remplissent à Paris. Comme chaque été, les hôtels de la capitale n’ont pas affiché complet, touchés cette année par la baisse de la clientèle française et le contexte économique morose.

Les étrangers ont porté l’activité estivale et boosté le taux d’occupation du premier semestre qui a atteint 77,4 % contre 78,8 % en 2012 sur la même période -2012 avait été la meilleure année de tous les temps avec 15,68 millions d’arrivées dans les hôtels parisiens. Ouvrant le débat sur la possible saturation du réseau hôtelier parisien.

99% d’occupation durant le Bourget

«Les hôtels sont pleins au printemps et en septembre lors des salons et des congrès parisiens qui s’ajoutent aux vacances des étrangers et cela pose problème», note Jean-Bernard Bros, conseiller à la mairie de Paris, chargé du tourisme. Et de constater que les hôtels seraient vite saturés si la fréquentation étrangère observée actuellement continuait à croître au même rythme.

«Le vrai danger concerne la progression plus rapide de la fréquentation touristique que celle du parc hôtelier, juge Thomas Deschamps, responsable de l'observation statistique à l'Office du tourisme de Paris. Des pertes de parts de marché pour Paris s’annoncent dans les années à venir.» Le taux de remplissage était de 90,9% en juin, selon l’Insee. Durant le salon du Bourget, un pic à 99% a même été atteint. «Un taux d'occupation aussi élevé veut dire que des hôtels refusent des clients faute de place. Mais, nous avons encore une marge de progression car d’autres mois comme janvier et février sont creux, tempère Thomas Deschamps. Des villes comme Londres, New York ou Singapour sont à 85% d’occupation en moyenne.»

Les premières réponses à cette problématique voient le jour. «Nous avons lancé un grand plan d’appel de constructions de 7.000 chambres en mettant du foncier à disposition vers les portes de Paris, poursuit le conseiller à la mairie. Dans les années à venir, nous logerons une partie des touristes extra-muros».

La chambre d’hôtes, alternative crédible mais limitée

En parallèle apparaissent des alternatives, comme le couchsurfing ou les auberges de jeunesse. «Nous soutenons ces auberges car il est important que les jeunes visitent Paris et se logent pour 15 à 20 euros par nuit», explique-t-il. La vraie tendance vient de la location d’appartements de courte durée entre particuliers et chambres d’hôtes, dont le site californien Airbnb est le porte-drapeau depuis 2008. Une tendance «à surveiller de près car elle est à la limite de la concurrence déloyale mais qui reste complémentaire de l’industrie hôtelière», explique le conseiller.

«C’est une solution nécessaire mais qui n’est pas pérenne», avertit Thomas Deschamps. Airbnb a reçu 223.019 voyageurs entre mai 2012 et avril 2013, accueillant une clientèle encore minime et qui ne résout pas le problème. «Les taux d’occupation des hôtels n’ont eu de cesse de grimper alors même qu’Airbnb se développait considérablement», analyse le site Web.