Wall Street vacille, entre indicateurs ternes et incertitude sur la Syrie

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Wall Street a fini en baisse pour le troisième jour d'affilée jeudi, les investisseurs s'empressant d'enregistrer des plus-values avant une réunion décisive de politique monétaire aux Etats-Unis la semaine prochaine: le Dow Jones a lâché 0,66% et le Nasdaq 0,14%.
Wall Street a fini en baisse pour le troisième jour d'affilée jeudi, les investisseurs s'empressant d'enregistrer des plus-values avant une réunion décisive de politique monétaire aux Etats-Unis la semaine prochaine: le Dow Jones a lâché 0,66% et le Nasdaq 0,14%. — Stan Honda AFP

Wall Street a nettement reculé vendredi pâtissant, à l'orée d'un week-end prolongé, d'indicateurs américains sans éclat et de craintes liées à l'éventualité d'une intervention américaine contre la Syrie: le Dow Jones a cédé 0,21% et le Nasdaq 0,84%.

Selon des résultats définitifs, l'indice vedette Dow Jones Industrial Average a lâché 30,64 points à 14.810,31 points et le Nasdaq, à dominante technologique, 30,43 points à 3.589,87 points.

L'indice élargi Standard & Poor's 500 a reculé de 0,32% (-5,20 points), à 1.632,97 points.

«Après deux séances à la hausse, les marchés financiers américains achèvent la semaine, et le mois, de façon bien terne», ont estimé les analystes de Charles Schwab, mettant notamment en avant le très faible volume des échanges à l'approche d'un week-end de trois jours, lundi étant férié aux Etats-Unis.

«Il n'y a juste aucun facteur poussant à l'achat», a observé David Levy de Kenjol Capital Management. «On s'achemine vers un week-end rempli d'incertitudes et vers un mois assez incertain également».

La crainte d'une action imminente emmenée par les Etats-Unis contre le régime de Bachar al-Assad inquiétait en particulier les marchés.

Washington a en effet mis en avant vendredi le devoir d'agir en Syrie devant l'accumulation des preuves sur la responsabilité du régime dans l'attaque aux armes chimiques du 21 août. S'il a affirmé n'avoir pas pris de «décision finale», le président américain Barack Obama a évoqué une action militaire «limitée».

L'enthousiasme des investisseurs a été également freiné par des indicateurs reflétant des signes de faiblesse sur le front de la consommation aux Etats-Unis, considéré comme le principal moteur de la croissance dans le pays.

Selon des données publiées par le département du Commerce, les dépenses de consommation des ménages ont en effet grignoté seulement 0,1% en juillet, en rythme annualisé et en données corrigées des variations saisonnières, marquant une brutale décélération par rapport à l'avancée de 0,6% en juin.

De mauvaise augure pour la suite: le moral des ménages américains a reculé en août après avoir fortement progressé en juillet, selon l'estimation finale de l'indice de confiance des consommateurs publiée par l'Université du Michigan.

Ce niveau reste toutefois supérieur à la première estimation publiée mi-août et aux prévisions des analystes qui tablaient sur un recul plus marqué.

De façon générale, l'ensemble des indicateurs américains publiés récemment dépeignent une image mitigée de l'économie américaine, ne permettant pas aux investisseurs de deviner si la banque centrale américaine décidera lors de sa prochaine réunion mi-septembre de ralentir ou non ses mesures de soutien à la croissance.

Parmi les valeurs du jour figurait le conglomérat General Electric, qui a grappillé 0,13% à 23,14 dollars. Selon des informations de presse, le groupe travaille à une mise en Bourse de ses activités américaines de crédit à la consommation, qui pourrait intervenir dès le début de l'année prochaine.

Le groupe pétrolier Apache a de son côté bondi de 8,95% à 85,68 dollars après l'annonce de la vente de 33% de ses opérations en Egypte à la compagnie chinoise Sinopec pour 3,1 milliards de dollars.

Dans le secteur des technologies, la société spécialisée dans l'informatique dématérialisée Salesforce.com a également enregistré une nette hausse, de 12,55% à 49,13 dollars, après l'annonce de résultats trimestriels et de prévisions supérieures aux attentes.

Splunk, une compagnie proposant des solutions de gestion des données, a aussi profité de ventes supérieures aux prévisions et d'une perte moins mauvaise qu'attendu (+12,86% à 55,21 dollars).

Dans le secteur aéronautique, la compagnie US Airways s'est adjugé 1,25% à 16,16 dollars. Un tribunal de Washington DC a fixé au 25 novembre le début du procès intenté par les autorités américaines pour tenter de bloquer sa fusion avec American Airlines et sa maison mère AMR.

Le marché obligataire a terminé en légère hausse. Le rendement du bon du Trésor à 10 ans a reculé à 2,749% contre 2,751% jeudi soir et celui à 30 ans à 3,676% contre 3,703 % la veille.

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