Continental: Les prud'hommes annulent les licenciements de près de 700 ex-salariés

SOCIAL Les prud'hommes considèrent que le fabricant s'est servi de la crise comme d'un «effet d'aubaine» pour licencier...

avec AFP

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Xavier Mathieu, leader CGT des ex-salariés de l'usine Continental de Clairoix (Oise), le 4 janvier 2012, à Amiens.
Xavier Mathieu, leader CGT des ex-salariés de l'usine Continental de Clairoix (Oise), le 4 janvier 2012, à Amiens. — D.CHARLET / AFP

Le conseil des prud'hommes de Compiègne a invalidé vendredi le licenciement de près de 700 anciens salariés de l'usine Continental de Clairoix (Oise) pour défaut de motif économique, ont annoncé leurs avocats à Compiègne.

«Continental a été condamné pour défaut de motif économique et pour non-respect de leurs obligations de reclassement», a expliqué Me Alexandra Soumeire aux quelque 200 anciens salariés réunis devant le conseil des prud'hommes.

«Cette victoire, c'est votre victoire à vous, vous avez enfin été récompensés, la société a été condamnée à tous les niveaux», a indiqué l'avocate aux salariés, qui ont accueilli la décision par des applaudissements et des cris de victoire.

Sous-préfecture saccagée

Le conseil des prud'hommes a également estimé que Continental n'avait pas respecté un accord de 2007 sur le temps de travail qui prévoyait un retour aux 40 heures hebdomadaires, contre des assurances sur le maintien de l'emploi dans le site jusqu'en 2012. Le conseil a également reconnu la société-mère allemande comme coemployeur et donc comme responsable des licenciements.

L'équipementier avait fini par fermer son usine de Clairoix début 2010, après un conflit social au printemps 2009 durant lequel la sous-préfecture de Compiègne avait été saccagée par des salariés en colère.

Le groupe a toujours affirmé que la fermeture de l'usine de Clairoix étaient inéluctable, invoquant la crise qui a frappé dès 2008 la filière automobile et une surcapacité de production de millions de pneus.

Les anciens salariés et leurs avocats estimaient pour leur part que le fabricant de pneus s'était servi de la crise comme d'un «effet d'aubaine» pour licencier.