La France tarde à faire confiance à ses entrepreneurs

CROISSANCE L'entrepreneuriat est un moteur clé de la croissance, les pays du G20 l’ont compris, note le dernier baromètre d'Ernst and Young. La prise de conscience est-elle actée en France pour autant?...

Bertrand de Volontat

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Pierre Moscovici et Fleur Pellerin ont reçu les répresentants du mouvement des entrepreneurs «pigeons» jeudi 4 octobre 2012 à Bercy.
Pierre Moscovici et Fleur Pellerin ont reçu les répresentants du mouvement des entrepreneurs «pigeons» jeudi 4 octobre 2012 à Bercy. — Francois Mori/AP/SIPA

Les entrepreneurs français vont-ils enfin être considérés à leur juste valeur? C’est la question que pose la deuxième édition du baromètre du cabinet d’audit Ernst & Young (EY) de l’entrepreneuriat. Celui-ci soutient que gouvernement, grandes entreprises et entrepreneurs doivent travailler main dans la main pour stimuler la croissance, notamment sur le terrain de l’emploi.

Le financement coince

La ministre déléguée aux PME Fleur Pellerin l’a bien compris et a proposé ce mardi la mise en place d'une «école de l'entrepreneuriat» afin d'améliorer l'accès à la création d'entreprise. Et si les entrepreneurs français sont moins pessimistes qu’en 2011, ils ne sont toutefois, selon cette étude, que 22% à penser que la culture entrepreneuriale de la France est développée, contre 57% en moyenne dans les autres pays du G20.

Notamment sur la question du financement des projets, EY relève que 75% des entrepreneurs estiment que l’accès aux prêts bancaires s’est détérioré depuis trois ans, favorisant l’essor de financements alternatifs.

Créer une entreprise en France, moins dur qu’ailleurs

La surprise du baromètre vient qu’une entreprise serait plus simple à créer en France qu’ailleurs, en termes de coût, de délais et de démarches administratives. Sept jours en France seulement contre 22 en moyenne ailleurs. Un élément allant à l’encontre de ce que les entrepreneurs français établis à l’étranger ont pu déclarer, critiquant «la paperasse» à la française.

L’écosystème entrepreneurial français n’est donc pas totalement bouché, malgré le frein de la fiscalité directe et indirecte, deux fois supérieur à la moyenne des autres pays du G20 qui est de 24%, selon le baromètre qui note que le comportement des Français face au risque que représente la création d’une entreprise est encore trop frileux.

En revanche, 51% des entrepreneurs estiment que leur écosystème serait meilleur s’ils étaient directement impliqués dans l’élaboration de la réglementation. «Il faut accorder aux entrepreneurs une voix au chapitre des réformes, souligne Franck Sebag, en charge de l’étude. Il faut que les entrepreneurs puissent participer à la définition de nouvelles réglementations». Un avis partagé par les «geonpis» depuis des mois.