Université d’été du Medef: Les ministres en première ligne

ÉCONOMIE es échanges entre les sept ministres invités et les patrons promettent d’être tendus avec les dernières annonces de Jean-Marc Ayrault qui lui, ne vient pas cette année...

Maud Pierron

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Pierre Gattaz, à l'université d'été du Medef le 28 août 2013.
Pierre Gattaz, à l'université d'été du Medef le 28 août 2013. — E. PIERMONT / AFP

Chauffés à blanc ! Après les annonces sur la réforme des retraites, les patrons ont mis la pression sur le gouvernement dès l’ouverture de leur université d’été ce mercredi - jusqu’à vendredi - à Jouy-en-Josas (Yvelynes). Pierre Gattaz, le nouveau patron de l’organisation patronale qui a fait campagne sur un « Medef de combat », a commencé par réclamer tout bonnement la suppression de l’ISF et de la taxe à 75 %.

Il ne pourra pas plaider sa cause directement auprès de Jean-Marc Ayrault qui, contrairement à l’an passé, n’a pas répondu à l’invitation quand en septembre dernier il «s’étonnait» de «l’étonnement» qu’avait provoqué sa présence. Il s’agissait alors d’amadouer les patrons pour signer l’accord national interprofessionnel sur l’emploi. «Dans le contexte actuel, on n’est pas étonné que Jean-Marc Ayrault et François Hollande n’aient pas souhaité se déplacer», assure-t-on au sein du Medef. Le risque d’être chahuté par des patrons, le couteau entre les dents, aurait été du plus mauvais effet pour le gouvernement à la veille d’une rentrée sociale explosive.

«De très fortes inquiétudes»

Du côté de Matignon, on se retranche derrière «un conflit d’agenda» du Premier ministre. «Il n’y a aucun problème avec le Medef, le gouvernement sera très bien représenté avec sept ministres», insiste-t-on dans l’entourage du Premier ministre. Pierre Moscovici, Bernard Cazeneuve et Arnaud Montebourg, ferrailleront notamment avec des entrepreneurs lors de débats.

Officiellement, pour le Medef, l’absence du Premier ministre n’est pas «une marque de défiance». «Il est venu l’an dernier mais c’était exceptionnel, ce n’est pas une coutume installée. Il n’y a pas de bouderie avec le gouvernement, il y a quand même sept ministres qui viennent», assure Thibault Lanxade, responsable du pôle entrepreneuriat au Medef. Ceux-là, envoyés au front, auront fort à faire face à des patrons pas très bien disposés à l’égard du gouvernement. «Le Medef a de très fortes attentes vis-à-vis du gouvernement sur la compétitivité des entreprises tout en étant très inquiet des dernières mesures annoncées qui peuvent avoir une incidence sur l’emploi. Les ministres sont invités pour ça, nous leur poserons beaucoup de questions», prévient-il. Dans l’entourage de Bernard Cazeneuve, on se veut rassurant: «On est dans un état d’esprit constructif. Le dialogue avec les patrons ne commence pas jeudi. Il y a eu des avancées sur la baisse du coût du travail et le crédit d’impôt compétitivé emploi