Syrie: Doit-on craindre une flambée des prix des carburants en France?

CARBURANTS La possibilité d'une action militaire en Syrie pèserait sur les marchés pétroliers...

Bertrand de Volontat

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Une pompe à essence dans une station service avec un hors service. Illustration station service. 
Une pompe à essence dans une station service avec un hors service. Illustration station service.  — GILLES VARELA / 20 MINUTES

Les prix à la pompe frémissent. Ils remontent en cette fin du mois d’août à des niveaux que l’on n’avait pas vus depuis le mois d’avril dernier. La perspective d’un conflit en Syrie fait lever des interrogations sur une éventuelle flambée des coûts des carburants pour les automobilistes français dans les semaines à venir.

Hausse mesurée mais crise anticipée

Les derniers aoûtiens sur la route du retour des vacances ont déjà pu constater une poussée des tarifs d’un centime par litre à 1,35 euro le litre de gazole et 1,54 euro celui de sans-plomb 95 en moyenne, après un mois d’août calme. La faute à des cours du pétrole en hausse à 116 dollars le Brent, la référence du marché européen des carburants.

«Ce que nous voyons dans les cours est une anticipation des risques», analyse Franck Ibled, fondateur de carbeo.com. «Cela ne reflète pas encore la situation syrienne, note Jean-Louis Schilanski, président de l’Ufip, l’Union française des industries pétrolières. Il y a une légère remontée mais la situation est stable.»

Un impact certain

«Si les cours se maintiennent à ce niveau, cela affectera les prix à la pompe dès lundi prochain, mais ce n’est pas une flambée», constate Jean-Louis Schilanski qui s’attend à une hausse de 2 à 3 centimes par litre à la pompe là où le fondateur de carbeo.com parle d’une hausse d’un centime supplémentaire.

En revanche, si la Syrie ne produit quasiment pas de pétrole (0,2% de la production mondiale), les analystes craignent un effet domino sur les pays voisins producteurs de pétrole que sont l’Irak, l’Arabie Saoudite ou encore l’Iran. «La situation en Syrie aura un impact sur les prix, c’est sûr, mais il est impossible d’en connaître la teneur», analyse-t-il. «Plus les mesures prises par la communauté internationale seront fortes, plus les prix flamberont», poursuit Franck Ibled.

Loin des records d’août 2012

Et la Syrie n’est pas la seule crise à surveiller. La situation en Egypte, pays clef pour le transit pétrolier, inquiète aussi. «Si, en plus de cette augmentation du prix du baril, nous subissons une fermeture du Canal de Suez, ne serait-ce que pour 10 jours, scénario catastrophiste mais envisageable vu la situation politique en Egypte, cela accélérera, de façon exponentielle, la hausse des prix», analyse Mahmoud El May du site businessnews.com.tn.

«Nous sommes encore loin des records de 2012, ajoute le président de l’Ufip. Nous ne sommes pas dans la zone de crise.» Il reste dix centimes avant d’atteindre les niveaux les plus hauts jamais enregistrés en France qui date de 2012. Il y a tout juste un, le 28 août l’an dernier, Pierre Moscovici annonçait une baisse jusqu'à 6 centimes par litre sur les carburants. Le gouvernement pourrait en cas de crise, rejouer un rôle de tampon entre le marché et le consommateur.