Retraites: A quoi vous servira le compte-pénibilité?

M.B. avec AFP

— 

Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Froce ouvrière, le 26 avril 2012, dans le studio de 20 Minutes.
Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Froce ouvrière, le 26 avril 2012, dans le studio de 20 Minutes. — T. LEMOINE / 20 MINUTES

Les syndicats ont semblent-ils obtenu gain de cause sur un point qui leur tient à cœur à l’occasion de la réforme des retraites présentée le 18 septembre par le gouvernement en Conseil des ministres. Le secrétaire général de Force ouvrière (FO) a indiqué mardi à Matignon qu'un compte pénibilité, financé en partie par les employeurs, serait mis en oeuvre à partir du 1er janvier 2015, pour un coût évalué à 2,1 milliards d’euros par an.

Partir plus tôt ou se reconvertir

L'idée qui bénéficierait par exemple aux travailleurs nocturnes ou exposés à un environnement agressif, pourrait se traduire par un gain de points permettant à ces salariés de partir plus tôt à la retraite ou de se reconvertir. Selon la définition de l'Institut national de recherche et de sécurité (Inrs), la pénibilité désigne «une exposition à un ou plusieurs facteurs de risques professionnels susceptibles de laisser des traces durables, identifiables et irréversibles sur la santé».

Les métiers pénibles peuvent être liés à des contraintes physiques (manutention de charges, postures pénibles), à un rythme de travail fatiguant (travail de nuit, travail répétitif) ou à un environnement agressif (bruit, agents chimiques). Ces différents facteurs peuvent engendrer toute une série de pathologies: troubles musculo-squelettiques (TMS), accidents cardio-vasculaires, allergies, cancers, hypertension, troubles du sommeil, etc.

Insuffisante réforme Sarkozy

Concrètement, un certain nombre de points leur serait attribué en fonction du temps passé en situation de pénibilité. Ces points leur permettraient ensuite, soit d'obtenir des trimestres pour partir plus tôt à la retraite, soit d'effectuer une formation pour se réorienter, soit enfin de travailler à temps partiel en fin de carrière. Par exemple, 10 trimestres d'exposition déclencheraient le droit à un trimestre de congé formation, 20 trimestres correspondraient à un trimestre de temps partiel avec maintien de la rémunération. Et il faudrait 30 trimestres d'exposition pour racheter un trimestre au titre de la retraite. Selon Jean-Claude Mailly, des bonifications seraient mises en place pour les salariés actuellement en situation de pénibilité, car le compte ne devrait concerner que les nouveaux entrants sur le marché du travail.

En 2010, la réforme de Nicolas Sarkozy qui a mis fin à la retraite à 60 ans, avait déjà instauré un dispositif pour les salariés souffrant d'incapacité en raison d'une maladie professionnelle ou d'un accident du travail. Mais, peu utilisé - seulement 5.366 personnes en avaient bénéficié fin juin - il est jugé très insuffisant par les syndicats qui lui reprochent de se limiter à des situations d'invalidité.

Le gouvernement prévoyait à l'époque que 30.000 personnes en bénéficient chaque année, sachant qu'il y a environ 700.000 départs à la retraite tous les ans.