Les auto-entrepreneurs en tête de la baisse des créations d'entreprise

ENTREPRENEURIAT La baisse avait déjà été de 2,0% en juin et 2,6% en mai...

B. de V. avec AFP

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La majorité des auto-entrepreneurs (65%) n'a pas l'intention de transformer son activité en société classique, selon une enquête rendue publique vendredi.
La majorité des auto-entrepreneurs (65%) n'a pas l'intention de transformer son activité en société classique, selon une enquête rendue publique vendredi. — Philippe Huguen AFP

Un chiffre qui va faire piailler les poussins. Le nombre de créations d'entreprise en France a une nouvelle fois reculé en juillet, selon des chiffres publiés jeudi par l'Insee, qui démontrent en particulier un fléchissement continu du côté des auto-entrepreneurs, dont le statut fait l'objet de tous les débats.

Les créations d'entreprises, corrigées des variations saisonnières et du nombre de jours ouvrables, ont fléchi de 1,4% en juillet par rapport à juin, si l'on prend en compte les auto-entrepreneurs, a indiqué l'Institut national de la statistique et des études économiques dans un communiqué.

>> Retrouvez notre interview de Thibault Lanxade, «En France, les entrepreneurs crèvent sous les seuils».

Moins d'auto-entrepreneurs

La baisse avait déjà été de 2,0% en juin et 2,6% en mai, a rappelé l'Insee, précisant que les chiffres concernant l'auto-entreprise sont eux des données brutes. En excluant ce statut particulier, la baisse est atténuée: -0,7% en juillet par rapport à juin pour les créations d'entreprises, après -2,7% en juin et un chiffre au contraire positif (+4,7%) pour mai.

Le nombre de sociétés créées sous le régime de l'auto-entrepreneuriat a atteint 21.544 en juillet, contre 22.001 en juin et 22.291 en mai. Malgré ce ralentissement, l'Insee signale qu'en France, depuis le début de l'année, plus d'une création d'entreprise sur deux s'est faite via ce régime, au coeur d'une réforme très contestée.

La ministre de l'Artisanat Sylvia Pinel a présenté ce mercredi un projet de réforme de ce statut créé sous la présidence de Nicolas Sarkozy. Mais sa copie n'a convaincu ni les auto-entrepreneurs, qui redoutent un durcissement trop brutal du régime fiscal dont ils bénéficient, ni les artisans, qui jugent que ce régime est une porte ouverte à la concurrence déloyale.