Le spectre de la fin des largesses de la Fed effraie Wall Street

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L'indice composite des indicateurs économiques américains a légèrement augmenté en juillet après s'être stabilisé au mois précédent, a indiqué le Conference Board jeudi.
L'indice composite des indicateurs économiques américains a légèrement augmenté en juillet après s'être stabilisé au mois précédent, a indiqué le Conference Board jeudi. — Timothy Clary AFP

Fragilisée par l'incertitude sur la politique monétaire américaine, Wall Street, qui s'est dégonflée pour la deuxième semaine consécutive, scrutera la semaine prochaine le moindre signe émanant de la banque centrale des Etats-Unis (Fed).

Au cours des cinq dernières séances, le Dow Jones Industrial Average, indice vedette réunissant 30 valeurs de la Bourse de New York, a reculé de 2,23% pour finir à 15.081,47 points, sa pire performance depuis plus d'un an, loin de ses sommets historiques du début du mois.

Le Nasdaq, à dominante technologique, a reculé quant à lui de 1,57% à 3.602,78 points.

L'indice élargi Standard & Poor's 500 a perdu 2,1% à 1.655,83 points.

«Une peur s'est installée sur les marchés: on a vu en effet des ventes importantes d'actions cette semaine. L'angoisse vient de la fin potentielle de la politique monétaire accommodante de la Fed (banque centrale américaine, NDLR)», estime Chris Low, de FTN Financial.

Or, la semaine a offert «des données étonnamment bonnes», note-t-il. Sur le front de l'emploi, les nouvelles inscriptions hebdomadaires au chômage aux Etats-Unis ont atteint leur plus bas niveau en cinq ans pour la semaine close le 27 juin. L'inflation elle aussi a satisfait les analystes, les prix à la consommation ayant augmenté de 0,2% en juillet aux Etats-Unis.

«La sortie de la récession en Europe» est aussi une raison pour la Fed de ralentir ses mesures de relance, observe M. Low, pour qui l'économie européenne restait une source d'inquiétude pour la Fed.

«Les investisseurs s'attendent à une diminution de l'aide de la Fed plus rapidement que prévu», dit encore Chris Low.

L'institution bancaire pourrait décider dès le mois prochain de réduire ses injections de liquidités, qu'elle porte à 85 milliards de dollars depuis cette année.

La prochaine réunion de son Comité de politique monétaire aura lieu les 17 et 18 septembre, mais «les investisseurs vont décortiquer les minutes de la dernière réunion» qui seront publiées mercredi, remarque Gregori Volokhine, de Meeschaert à New York.

A ses yeux, la semaine prochaine sera comme celle-ci tiraillée entre des données macroéconomiques, plutôt encourageantes cette semaine, et des résultats d'entreprises, médiocres quant à eux.

Moral des consommateurs en recul

«Les résultats décevants des magasins Wal-Mart et Macy's donnent le pouls de la consommation et ils ont montré que les consommateurs, de la classe populaire pour l'un et de la classe moyenne pour l'autre, étaient encore hésitants», indique M. Volokhine.

Un constat renforcé par le dernier sondage de l'Université du Michigan sur le moral des consommateurs américains, qui a affiché un net recul en août.

Et, rappelle l'analyste, la consommation est le pilier principal de l'économie américaine, et son talon d'Achille en période de creux.

D'après les analystes, ces vents contraires refroidissent les investisseurs car ils maintiennent un point d'interrogation sur l'avenir de la politique monétaire.

Dans ses grandes lignes, la semaine prochaine ressemblera à celle passée: les investisseurs guetteront les résultats d'entreprises baromètres sur le plan de la consommation (Target, Gap), et des indicateurs macroéconomiques sont attendus sur l'immobilier (ventes de maisons existantes) et les inscriptions hebdomadaires au chômage.

«Après ces données, les investisseurs savent que la Fed aura plus d'éléments pour trancher sur son désengagement» monétaire et «un repli déjà est amorcé» par les marchés, selon Gregori Volokhine.

«La fête est finie: les investisseurs savent qu'une correction des indices est inévitable après la fin de l'aide de la Fed», renchérit Chris Low.

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