Attentive à la Fed, la Bourse de Paris tâchera de rester optimiste

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La réunion de la Banque centrale européenne (BCE) devrait concentrer l'attention des investisseurs la semaine prochaine à la Bourse de Paris, les derniers indicateurs en zone euro alimentant les spéculations autour d'une baisse des taux.
La réunion de la Banque centrale européenne (BCE) devrait concentrer l'attention des investisseurs la semaine prochaine à la Bourse de Paris, les derniers indicateurs en zone euro alimentant les spéculations autour d'une baisse des taux. — Jacques Demarthon AFP

Encouragée par la reprise en Europe, la Bourse de Paris, qui évolue à ses plus hauts de l'année, tentera de garder le cap la semaine prochaine en espérant d'en savoir plus sur les intentions de la banque centrale américaine.

Sur la semaine écoulée, l'indice CAC 40 a pris 1,16% pour terminer vendredi à 4.123,89 points. Depuis le début de l'année, ses gains atteignent 13,26%.

L'indice parisien a connu une semaine «assez calme» marquée par un jour férié, «avec des volumes relativement faibles», juge Christian Parisot, économiste au sein du courtier Aurel BGC.

En dépit de la période estivale, la Bourse de Paris est parvenue à se hisser à ses plus hauts de l'année, renouant même ponctuellement avec ses niveaux de février 2011.

Le CAC 40 a atteint vendredi 4.123,89 points, son plus haut de l'année et depuis mi-février 2011.

Selon M. Parisot, le marché reste influencé par les politiques monétaires des banques centrales. A ce titre, il aura en ligne de mire le compte-rendu de la dernière réunion de la Réserve fédérale américaine (Fed), qui sera publié mercredi après la clôture.

«L'une des principales questions sera de savoir à partir de quand la Fed va réduire ses achats d'actifs», estiment dans une note les économistes de BNP Paribas.

De ce point de vue, «sans être spectaculaires, les ventes de détail aux Etats-Unis (publiées mardi, ndlr) montrent que les consommateurs ont continué d'augmenter leurs dépenses en juillet, ce qui a suffit à pousser les marchés à prendre en compte un ralentissement des achats» dès la prochaine réunion de la Fed en septembre, poursuivent-ils.

L'institution monétaire, qui injecte chaque mois 85 milliards de dollars dans le système financier, a prévenu qu'elle pourrait revoir sa politique en cas d'amélioration de la conjoncture aux Etats-Unis.

«Quelques éclaircissements»

Le compte-rendu publié mercredi «apportera quelques éclaircissements sur ce que pense le comité (de politique monétaire, ndlr) avant la publication début septembre du rapport sur l'emploi» aux Etats-Unis, estiment les économistes de BNP Paribas.

D'autres indicateurs américains seront examinés la semaine prochaine à l'aune de ce compte-rendu, tels que les demandes hebdomadaires d'allocations chômage et l'indicateur composite de l'activité économique du Conference Board pour le mois de juillet, tous deux attendus jeudi.

Dans ce contexte de possible resserrement monétaire outre-Atlantique, la Banque centrale européenne (BCE) «restera attentive à se différencier de la Fed, soulignant que la sortie d'une politique monétaire accommodante reste lointaine», indique BNP Paribas.

Cette semaine, les investisseurs ont pris connaissance du retour de la croissance en zone euro au deuxième trimestre, même si la reprise s'annonce molle, avec un chômage record.

«Il faudra voir si cela se confirme dans les mois à venir», tempère d'ailleurs Isabelle Enos, directrice de la gestion à B*Capital.

D'avril à juin, le Produit intérieur brut (PIB) de la zone euro a progressé de 0,3%, selon les données d'Eurostat, dépassant les attentes. Les analystes tablaient au départ sur un PIB en hausse de 0,2%, après six trimestres consécutifs de repli.

«Les indicateurs montrent que l'on sort de la récession», souligne de son côté M. Parisot, ce qui fait regagner un peu d'attrait aux actifs européens.

Selon l'économiste, un report des investisseurs des indices américains, actuellement «relativement chers», vers les indices européens pourrait avoir débuté, même si «cela reste marginal» en raison des faibles volumes.

Au cours de la semaine écoulée, «les mouvements se sont joués sans la présence des investisseurs», estime-t-il.

L'indice parisien a d'ailleurs amorcé le virage de la «consolidation», poursuit Mme Enos, un mouvement qu'elle juge toutefois légitime après la bonne performance affichée par l'indice.

Mais selon elle, «l'amélioration économique en Europe laisse penser que l'on peut aller plus loin».