Emploi d’avenir, contrat de génération, emploi franc… La liste des contrats aidés s’allonge

Mathieu Bruckmüller

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Une agence de pôle emploi à Paris.
Une agence de pôle emploi à Paris. — A. GELEBART / 20 MINUTES

Près de 540.000 emplois aidés d’ici la fin décembre. C’est l’estimation du ministre du Travail, Michel Sapin, dévoilée à la fin juin. Et qui pourrait bien permettre de tenir la promesse du chef de l’Etat d’inverser la courbe du chômage d’ici la fin de l’année. Il faut en théorie une croissance de 1,5% en moyenne pour créer des emplois. Or, elle sera nulle cette année. Reste l’arme des emplois aidés avec un coût estimé au bas mot à deux milliards d’euros pour les finances publiques en 2013. Voici la panoplie du gouvernement.

Les contrats uniques d’insertion

Ce sont les plus nombreux et les moins médiatisés. Pourtant, près de 400.000 contrats uniques d’insertion (CUI) destinés à faciliter l’insertion professionnelle des personnes sans emploi rencontrant des difficultés sociales et professionnelles sont budgétés pour cette année. 340.000 seront des contrats d’accompagnement dans l’emploi (CAE) dans les secteurs non marchands avec une aide jusqu’à 95% du Smic brut de six mois à deux. Coût total: 1,48 milliard d’euros. Dans le privé, 50.000 nouveaux contrats initiative emploi (CIE) seront financés pour un montant total de 186,6 millions d’euros.

Les emplois d’avenir

François Hollande en vise 100.000 d’ici la fin de l’année contre 46.000 aujourd’hui. Ils s’adressent à des jeunes de 16 à 25 ans,  non qualifiés, qui ont connu une période de chômage de 6 mois lors des 12 derniers mois et habitant dans les zones urbaines sensibles. Ces emplois d’avenir prennent la forme d’un CDD ou d’un CDI avec une aide de l’Etat de 75% qui s’étalera de 12 mois à trois ans. Ces contrats sont d’abord utilisés par le secteur public comme les associations et les collectivités locales dans les filières vertes, tourisme, activités numériques… Les entreprises privées pourront aussi y recourir, mais la subvention sera moindre. Des garanties devront êtres apportées pour éviter tout effet d’aubaine. En 2014, l’exécutif table sur 150.000 emplois d’avenir au total. Coût estimé par l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE): 3,45 milliards d’euros par an en rythme de croisière.

Les contrats de génération

Ce dispositif prévoit d’accorder une aide forfaitaire (4.000 euros par an jusqu’à 3 ans) aux entreprises de moins de 300 salariés qui embauchent en CDI un jeune de moins de 26 ans, à condition de maintenir en emploi un salarié de plus de 57 ans. Les entreprises de plus de 300 salariés, qui n’ont pas accès à l’aide, doivent négocier un accord fixant des engagements en faveur des jeunes, des seniors et sur la transmission des compétences, sous peine d’une amende équivalente à 1% de leur masse salariale. Le gouvernement table sur 75.000 contrats d’ici mars prochain et 500.000 d’ici la fin du quinquennat. Coût envisagé par le gouvernement d’ici 2016: un milliard d’euros par an.

>> Les effets estimés par l'OFCE sur l'emploi et les finances publiques, c'est par ici

Les emplois francs

Le premier contrat d'emploi franc a été signé début juillet à Marseille (Bouches-du-Rhône). Ce dispositif consiste en une aide de 5.000 euros, versée en deux fois, à une entreprise qui embauche en CDI, un jeune de moins de 30 ans résidant dans une zone urbaine sensible (ZUS). Le dispositif sera pour l'instant déployé dans 10 villes, dont Clichy-Montfermeil (Seine-Saint-Denis), Amiens (Somme), Grenoble (Isère) et Marseille, avec un objectif de 5.000 contrats d’ici la fin de l’année et 10.000 d’ici trois ans.

>> Les emplois francs seront-ils efficaces? C'est par là