Dassault arrivera-t-il vraiment à vendre son Rafale à l’étranger?

M.B.

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This Sunday Jan.13, 2013 photo provided by the French Army Monday Jan.14, 2013 shows French Rafale jetfighters on the tarmac after a mission to Mali in N'Djamena, Chad. French fighter jets bombed rebel targets in a major city in Mali's north Sunday, pounding the airport as well as training camps, warehouses and buildings used by the al-Qaida-linked Islamists controlling the area, officials and residents said. (AP Photo/Adj Nicolas-Nelson Richard, ECPAD)/ 
This Sunday Jan.13, 2013 photo provided by the French Army Monday Jan.14, 2013 shows French Rafale jetfighters on the tarmac after a mission to Mali in N'Djamena, Chad. French fighter jets bombed rebel targets in a major city in Mali's north Sunday, pounding the airport as well as training camps, warehouses and buildings used by the al-Qaida-linked Islamists controlling the area, officials and residents said. (AP Photo/Adj Nicolas-Nelson Richard, ECPAD)/  — Adj Nicolas-Nelson Richa/AP/SIPA

Le ministre de la Défense est «très confiant» dans les «capacités d'exportation» du Rafale dans les mois qui viennent. Ce vendredi sur Europe 1 Jean-Yves Le Drain s’est montré résolument optimiste sur l’avenir de l’avion de combat. D’autant que les Rafales utilisés en Afghanistan, en Lybie ou encore plus récemment au Mali ont démontré leur efficacité. Cette sortie du ministre de la défense a d'ailleurs «boosté» le titre de Dassault Aviation qui gagnait plus de 1% dans la foulée à la Bourse de Paris.


Le Drian considère ne pas avoir à "polémiquer... par Europe1fr

Prudence, prudence, prudence

Mais en la matière, la prudence s’impose. Depuis 1986, date de son lancement, aucun exemplaire de Rafale n’a trouvé preneur en dehors de l’Hexagone malgré l’intense lobbying des gouvernements de droite et de gauche auprès de leurs homologues étrangers.

Pourtant, le temps presse. Alors que Dassault Aviation avec ses 8.000 salariés avait obtenu en 2010 de livrer 11 Rafale par an afin de garantir une cadence minimale de la chaîne de production en attendant les premiers contrats à l'export, le projet de loi de programmation militaire 2014-2019 -- présenté vendredi en Conseil des ministres-- ne prévoit plus que l'acquisition de 26 appareils sur cette période. Jean-Yves Le Drian avait déjà indiqué le 11 juin qu'à partir de 2016, Dassault devrait compter sur les exportations pour soutenir la production de l'avion multiroles.

EADS ne baisse pas les bras en Inde

Et c’est de l’Inde que pourrait venir le salut du Rafale. Paris considère que les négociations exclusives avec New Delhi pour l'achat de 126 Rafale contre une somme évaluée à 9 milliards d’euros sont suffisamment avancées pour être conclues rapidement. De bon augure puisque Dassault considère qu'il faut trois ans à partir de la signature du contrat pour produire le Rafale biplace. Ce contrat complexe prévoit la construction des 18 premiers appareils en France. Les autres doivent êtres assemblés sous licence en Inde, par Hindustan Aeronautics Limited (HAL), un conglomérat d'entreprises publiques avec des pièces qui viendrait de sous-traitants français (Snecam, Thalès…).

Mais le principal concurrent de l'avion de combat Rafale, l'Eurofighter fabriqué par le groupe européen EADS, est toujours sur les rangs pour récupérer le marché au cas où les négociations capoteraient.

Le Brésil prend son temps

A plus long terme, le Rafale pourrait également trouver des débouchés en Malaisie, au Qatar, aux Emirats Arabes Unis, au Canada ou encore au Brésil. Ce dernier veut s’offrir 36 avions de chasse. Cependant, Rafale est en compétition avec le F/A-18 Super Hornet de l'Americain Boeing et avec le Gripen NG du suédois Saab.

Quant il dirigeait le pays, Lula, avait publiquement exprimé en 2009 sa préférence pour l'appareil de combat français. Mais depuis l'accession au pouvoir de Dima Rousseff, en janvier 2011, la décision est repoussée de mois en mois. Raison invoquée : la crise économique qui l’incite à bien réfléchir avant de signer un contrat évalué à quatre milliards d’euros d’autant que le coût de la maintenance notamment du Rafale est jugé élevé. Selon un rapport parlementaire français, l’heure de vol pour le Rafale est évaluée à 27.000 euros.