La Poste: Le nouveau PDG Philippe Wahl déjà attendu par les syndicats

COOPTATION Il prendra les rênes de La Poste début septembre mais les syndicats n'ont pas tardé à réagir...

avec AFP

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Philippe Wahl, le 4 juillet 2013 à Paris
Philippe Wahl, le 4 juillet 2013 à Paris — Eric Piermont AFP

Philippe Wahl, actuel patron de la Banque postale, prendra à la rentrée la présidence du groupe La Poste, en pleine refonte stratégique pour pallier la chute inexorable des volumes de courrier, via ses activités bénéficiaires comme le colis et la Banque.

Ce jeudi, le conseil d'administration de l'entreprise publique a élu Philippe Wahl, 57 ans, comme «simple» administrateur, puis a voté à bulletin secret pour proposer au président de la République sa nomination en tant que président du CA - soit patron du groupe. Les syndicats ont rapidement réagi. 

«Philippe Wahl est un banquier»

La désignation de Philippe Wahl pour prendre la présidence de La Poste illustre la part grandissante que prend la Banque postale au sein du groupe, et son importance stratégique pour son équilibre financier.

«Notre inquiétude, c'est que Philippe Wahl est un banquier avant tout, et c'est une drôle d'image pour La Poste», a commenté à l'AFP Régis Blanchot, administrateur SUD-PTT, deuxième syndicat du groupe. Il estime que «la nomination du nouveau PDG doit être l'occasion pour l'Etat de reprendre la main et redéfinir ce que doit être La Poste en tant qu'entreprise de service public, ainsi que ses axes de développement».

Attentes en termes d'emplois

La CGT, premier syndicat, indique pour sa part avoir «interpellé» Philippe Wahl «pour l'ouverture immédiate de négociations: la situation économique et financière est dégradée, la situation sociale et sanitaire est alarmante et le dialogue social est inexistant. Le personnel attend des réponses immédiates en terme d'emplois, de pouvoir d'achat et d'améliorations des conditions de tavail», souligne l'administrateur Bernard Dupin.

Du côté de la CFDT, on attend aussi que le nouveau président «desserre la pression sur les effectifs» et «mette les moyens nécessaires pour atteindre les objectifs très ambitieux fixés par le nouveau plan stratégique», dont la réalisation pourrait «mettre une pression considérable» sur les salariés, selon Alain Barrault, secrétaire national de la Fédération.

«Redonner confiance aux postiers»

La fédération FO indique pour sa part qu'elle «jugera l'action du successeur de Jean-Paul Bailly par rapport à ses résultats et à sa capacité à redonner confiance aux postiers», et souligne que «l'emploi et l'amélioration des conditions de travail devront être au coeur des préoccupations du nouveau président», dans un communiqué.