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AÉRONAUTIQUEAviation: Pourquoi EADS devient Airbus

Aviation: Pourquoi EADS devient Airbus

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Les syndicats européens d'EADS, pour beaucoup inquiets de futures restructurations, convergent mardi vers Toulouse pour la réunion d'un comité européen du groupe, la première depuis que ses dirigeants ont annoncé  son changement de nom en "Airbus Group".
Les syndicats européens d'EADS, pour beaucoup inquiets de futures restructurations, convergent mardi vers Toulouse pour la réunion d'un comité européen du groupe, la première depuis que ses dirigeants ont annoncé  son changement de nom en "Airbus Group". - Matthew Hinton AFP
20 Minutes avec AFP

20 Minutes avec AFP

EADS devrait adopter mardi une nouvelle stratégie qui passe par un regroupement de ses activités défense et espace et un changement de nom pour prendre celui d'Airbus, sa filiale la plus connue.

Tom Enders, le patron du groupe européen d'aéronautique, de défense et de l'espace, doit soumettre au conseil d'administration les réformes qu'il prépare depuis l'échec en octobre dernier de sa tentative de fusion avec le fabricant d'armes britannique BAE Systems.

EADS «une entreprise comme une autre»

Après avoir desserré le carcan des États en réformant la gouvernance, portant le capital flottant à 70% du total, Tom Enders poursuit son objectif de faire d'EADS «une entreprise comme une autre» et d'améliorer sa rentabilité.

Selon plusieurs sources au sein du groupe, il va proposer aux administrateurs de fusionner les activités de la division défense, Cassidian, de la division espace, Astrium, ainsi que la production d'avions de transport militaires, Airbus military.

Profiter de la notoriété d'Airbus

Le groupe entier doit être rebaptisé Airbus, pour profiter de la notoriété de l'avionneur qui représente plus de 60% de son activité en abandonnant un acronyme méconnu. Le projet a été étudié à plusieurs reprises ces dernières années mais se heurtait aux réticences des patrons successifs d'Airbus, dont Tom Enders avant qu'il prenne la direction de la maison mère.

Pour amadouer l'Allemagne, qui s'était opposée au projet de fusion avec BAE, la nouvelle entité espace-défense, qui serait baptisée Airbus defence, devrait être basée à Ottobrunn, dans la banlieue de Munich et dirigée par un Allemand, ont indiqué les sources. Le nom de Bernard Gerwert, actuel patron de Cassidian, est le plus fréquemment cité en interne.

La structure d'Airbus plus proche de Boeing

La division Eurocopter, numéro un mondial des hélicoptères civils, prendrait simplement le nom d'Airbus helicopters. Elle conserverait son activité militaire, de nombreux modèles d'hélicoptères se déclinant en version civile et militaire. La décision du conseil d'administration devrait être annoncée mercredi à 07H00 locales, avec les résultats semestriels du groupe.

Plus important que l'opération de «rebranding», le regroupement des activités spatiales et défense permet au patron allemand de poursuivre son objectif de marge opérationnelle de 10% en réduisant les coûts fixes, comme les fonctions financières, administratives ou d'approvisionnement.

«Nous serons impitoyables sur la marge de 10%», avait-il annoncé le mois dernier aux analystes financiers lors du Salon aéronautique du Bourget, selon un participant. «Le rapprochement entre Cassidian et Astrium pourrait rendre l'objectif de marge de 10% en 2015 plus crédible», a estimé Christophe Menard, analyste chez Kepler Chevreux.

Ressembler à Boeing

Avec sa nouvelle structure, le groupe Airbus ressemblera plus à son grand rival Boeing, dont les principales unités sont Boeing Commercial Airplanes et Boeing Defense, Space and Security. La stratégie passe également par un élagage de la gamme de produits de défense et de sécurité et l'abandon progressif des moins rentables, avait expliqué Gerwert à l'AFP au printemps. Mais il ne prévoyait pas d'annonce avant la rentrée de septembre.