Grève de bienvenue pour la présidente de la SNCF

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La SNCF et la RATP, entreprises publiques de transport en pleine modernisation, vont changer de patron en même temps, sachant que leur pilotage reste socialement délicat, à l'heure de l'ouverture à la concurrence, et politiquement sensible, à l'approche de la présidentielle.
La SNCF et la RATP, entreprises publiques de transport en pleine modernisation, vont changer de patron en même temps, sachant que leur pilotage reste socialement délicat, à l'heure de l'ouverture à la concurrence, et politiquement sensible, à l'approche de la présidentielle. — Stéphane de Sakutin AFP/Archives

Première grève nationale aujourd'hui pour la nouvelle patronne de la SNCF. Les enjeux du bras de fer.

La grève vise-t-elle Anne-Marie Idrac, présidente depuis juillet ? Les six syndicats contestataires (sur huit) s'en défendent. Mais le secrétaire général de la CGT-Cheminots, Didier Le Reste, soulignait hier dans une interview à 20 Minutes qu'Anne-Marie Idrac « a soutenu la réforme des retraites des cheminots malgré la grande grève de 1995 », alors qu'elle était en charge des transports sous le gouvernement Juppé.

Que veulent les grévistes ? Outre le service public, l'emploi et les salaires, l'inquiétude porte sur le fret. Selon la CGT, la part de la SNCF dans le transport de marchandises est passé de 20 % à 12 % depuis 2000.

Que répond la direction ? « Pour le fret, nous avons dit que nous gardions l'activité au sein de l'entreprise, précise François Nogué, directeur des ressources humaines de la SNCF. Pour l'emploi, le niveau d'embauche prévu est maintenu, malgré les réductions d'effectifs. »

Où en sont les négociations ? Le ministre des Transports, Dominique Perben, a estimé hier que la grève « aurait pu être évitée ». La CGT, elle, juge « insultantes » les piques de la présidente au sujet du « mur de Berlin », que les grévistes n'auraient « pas vu tomber ». Toutefois, une suite au mouvement n'est pas prévue. La précédente grève de novembre 2005 n'avait mobilisé, selon la direction, que 22,8 % du personnel.

Edouard Lederer