BUREAU D'ETUDES 2/6 - L'Open-space nuit gravement à la santé

ETUDES «20 Minutes» a sélectionné les conclusions insolites de travaux universitaires très sérieux sur la vie en entreprise. Aujourd'hui: l'impact négatif de la configuration des bureaux sur l'efficacité des salariés...

Claire Planchard

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Bureaux en open-space à Londres.
Bureaux en open-space à Londres. — NICK GUTTRIDGE / VIEW //REX/SIPA

Réunir ses collaborateurs sur un même plateau, dans une longue enfilade de bureaux, alignés entre la fontaine à eau et la photocopieuse. Voilà la riche idée de l'open-space. Avantage: réduire le budget immobilier en limitant la taille du poste de travail à son minimum syndical. Un calcul financier qui pourrait toutefois être lourdement plombé par les coûts indirects de cette configuration.

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Baisse d'efficacité

Une étude suédoise publiée en octobre, révèle que le bruit incessant réduit de façon significative l'efficacité des salariés. Dans sa thèse, la psychologue environnementale Helena Jahncke explique ainsi que «la performance d'un salarié décline de 2% quand les discussion de ses collègues sont intelligibles, en comparaison avec un brouhaha général». Une baisse de régime qui pourrait représenter chaque année un manque à gagner de 240 millions d'euros pour les entreprises suédoises ayant opté pour des open-spaces.

Autres effets secondaires relevés par cette étude: un niveau de stress qui augmente avec le niveau sonore, mais aussi  une sensation de fatigue plus importante, et une baisse de motivation.

Fatigue et microbes

Ces résultats viennent ainsi confirmer les conclusions de nombreuses études universitaires consacrées depuis une dizaines d'année aux effets néfastes de l'open-space sur le bien-être des salariés.

Dernier exemple notable en date: une étude publiée en avril 2011 dans le Scandinavian Journal of Work, Environment and Health révélait même que les salariés travaillant dans des open-spaces (plus de 6 salariés) prenaient 62% de jours d'arrêt maladie de plus que les occupants de bureaux individuels. Car en plus de partager les odeurs de déjeuner et les conversation téléphoniques personnelles, ils doivent aussi partager les microbes de leurs collègues!