Emplois non pourvus: Comment préparer sa reconversion?

Claire Planchard

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Une usine du groupe aéronautique Safran à Villemur-sur-Tarn.
Une usine du groupe aéronautique Safran à Villemur-sur-Tarn. — LANCELOT FREDERIC/SIPA

C’est la priorité affichée par le gouvernement pour inverser la courbe du chômage: orienter les demandeurs d’emploi vers les secteurs qui peinent à recruter. Pour y parvenir, François Hollande a annoncé mardi que 70.000 «formations prioritaires» vers ces emplois viendraient compléter en 2014 les 30.000 déjà annoncées pour 2013.

Placés en tête de pont de ces dispositifs de réorientation, des professionnels de Pôle emploi et de l'Association nationale pour la Formation Professionnelle des Adultes (Afpa), vous livrent leurs conseils.

Connaître les métiers qui recrutent

Selon Pôle emploi, 116.000 offres ont été retirées l’an dernier faute de candidats. Le Medef évalue lui à 300.000 le nombre de recrutements qui échouent chaque année. «La question des emplois non pourvus est complexe: cela peut être lié à un manque de compétences, d’attractivité du métier mais aussi à une mauvaise perception», observe Luc Boutin, directeur d’Afpa Transitions au sein de l’agence territoriale Ouest.

La première étape est donc d’éplucher la liste de métiers concernés au niveau national (consulter la liste de l’Afpa) mais aussi localement (voir la carte interactive de l’enquête 2013 Besoins de main d’œuvre): les agences Pôle emploi et les missions locales sont actuellement sur le pied de guerre pour identifier les besoins de chaque bassin et pourront vous renseigner.

«Ces analyses géographiques nous  permettent ensuite de lancer une série d’actions pour orienter les différentes catégories de demandeurs d’emploi vers ces métiers: ateliers de découverte, ateliers sectoriels bâtis avec les branches professionnelles, forums avec des employeurs», explique Christine Bugliani, directrice territoriale déléguée de Pôle emploi dans les Bouches-du-Rhône. «Cela permet de populariser ces métiers mais aussi de donner leurs contraintes pour ne pas lancer les candidats dans des projets qui ne seraient pas compatibles notamment avec leur vie familiale», poursuit-elle.

Construire un projet viable

Reconversion ou simple adaptation professionnelle: des trajectoires très diverses permettent de profiter d’opportunités d’embauche dans d’autres secteurs d’activités. «On a tendance à raccourcir les parcours de formation car c’est moins long et moins coûteux mais à l’exception d’une problématique physique qui empêcherait d’exercer un métier, on peut opérer des changements radicaux en formation continue», résume Luc Boutin.

Chez Pôle emploi, cet accompagnement peut prendre de deux semaines pour un projet déjà bien défini à plus de trois mois pour ceux qui veulent prendre un nouveau départ. «Cela passe par des enquêtes métiers, des interviews d’entreprise mais aussi des stages ‘d’évaluation en milieu de travail’ pour valider les passerelles entre les compétences», détaille Christine Bugliani. Des méthodes sophistiquées d’analyse des aptitudes et des compétences permettent aussi d’évaluer leur transférabilité vers celles attendues dans le poste à pourvoir.

Identifier la formation adaptée

C’est l’évaluation de cet écart qui permettra ensuite de définir un plan d’action en matière de formation. Votre conseiller vous aidera  à naviguer dans l’ensemble des dispositifs et des moyens de financement. Et au final, vous n’aurez rien à débourser. A condition toutefois que votre projet soit viable: «Aujourd’hui, seul les métiers qui ont une vraie plus-value sur le retour à l’emploi pérenne sont validées», prévient Christine Bugliani.