Le crash de l'A380 fait des victimes

©2006 20 minutes

— 

La nouvelle est tombée tel un coup de massue en début de soirée : Airbus va réduire de 80 % le nombre de ses fournisseurs. Un peu plus tôt, un membre du Groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales confiait à 20 Minutes : « On ne peut encore rien dire sur les conséquences du retard de livraison de deux ans de l'A380. On attend qu'Airbus annonce la couleur. » Et quelle couleur ! Sur les 3 000 entreprises qui travaillent pour l'avionneur européen, il n'en restera plus que 500, a annoncé la direction du groupe, sans préciser de calendrier.

Objectif : réduire les coûts d'approvisionnement de 350 millions d'euros. En proie à de graves difficultés financières, Airbus a aussi prévu une cure d'amaigrissement interne. Réduction des coûts administratifs de 900 millions d'euros d'ici à 2010, diminution draconienne du nombre de plates-formes logistiques : des suppressions d'emplois sont prévues.

Hier soir, les sous-traitants et syndicats contactés par la rédaction étaient sous le choc. « Ce n'est pas possible ! Des parties entières de l'activité sont sous-traitées, elles ne sont même plus chez Airbus ! 60 % de nos salariés travaillent pour le groupe, ils ne peuvent pas être licenciés du jour au lendemain ! », s'est exclamé Ali Ould-Yerou, délégué CGT chez Cap Gemini. « Ces chiffres sont à prendre avec des pincettes, a réagi Xavier Petrachi, délégué central CGT d'Airbus. Cette annonce va rajouter de la crise à la crise. »

A. B. et B. C., à Toulouse