«Nous voulons des réponses sur l'emploi et les salaires»

Grève nationale mercredi à la SNCF tretien avec Didier Le Reste, secrétaire général de la CGT-Cheminots.

Propos recueillis par Edouard Lederer

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Grève nationale mercredi à la SNCF - Entretien avec Didier Le Reste, secrétaire général de la CGT-Cheminots.

Mercredi, grève nationale à la SNCF. Est-ce un mouvement dirigé contre Anne-Marie Idrac, la nouvelle présidente?

Non, la majorité des syndicats participent à la grève en l’absence de réponse à des revendications. Mais nous ne nous attendions pas à autre chose de la part de celle qui a défendu la suppression de 6.000 kilomètres de voies et d’environ 32.000 emplois lorsqu’elle était secrétaire d’Etat aux Transports, sous le gouvernement Juppé. N’oublions pas non plus qu’Anne-Marie Idrac a soutenu la réforme des retraites des cheminots malgré la grande grève de 1995.

Le mouvement du 8 novembre est donc votre revanche ?
Pas du tout. Comme nous l’avons dit dès son arrivée en août, nous jugerons la présidente uniquement sur ses actes et ses décisions. Mais nous regrettons qu’elle ait fait, pour sa part, le choix de l’invective. Ses propos assimilant les syndicats au « mur de Berlin » sont désobligeants, maladroits et insultants.

Qu’allez-vous exigé avec ce mouvement?
Nous voulons des réponses aux questions déjà posées à la direction sur l’emploi, les salaires et à la réorganisation interne. Depuis 2002, 14.000 emplois ont été supprimés. Nous sommes aussi inquiets pour le fret. Depuis 2000, notre part de marché dans le transport de marchandises est passée de 20 à 12 %. En deux ans, douze centres de triages sur vingt ont été fermés et 7.000 emplois perdus.

Et les retraites des cheminots…
Chaque chose en son temps. L’Etat et la SNCF discutent actuellement de la mise aux normes européennes de la comptabilité des régimes spéciaux. Nous sommes très vigilants sur ces discussions.