Airbus réduit de 80% ses sous-traitants

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Le marché ne s'y trompe pas. Le titre Boeing s'est apprécié de 15% depuis le début de l'année avec les annonces successives de nouveaux retards de livraison de l'A380.
Le marché ne s'y trompe pas. Le titre Boeing s'est apprécié de 15% depuis le début de l'année avec les annonces successives de nouveaux retards de livraison de l'A380. — Eric Cabanis AFP

L'avionneur Airbus, filiale du groupe d'aéronautique et de défense EADS, veut réduire d'au moins 80% le nombre de ses sous-traitants dans le cadre de son plan d'économies, confirmant ainsi des informations rapportées lundi par le "Financial Times Deutschland".

Tailler dans les coûts

De près de 3.000, le nombre de fournisseurs devrait chuter à environ 500. Le volume des sous-traitants installés dans des pays à bas coûts devrait augmenter parallèlement de 50%.

Selon le quotidien économique allemand, qui cite des sources à la direction d'Airbus, l'avionneur souhaiterait par ailleurs réduire les coûts dans l'administration de 900 millions d'ici 2010 et les coûts d'approvisonnement de 350 millions d'euros sur la même période.

Airbus veut également tailler dans les coûts de la logistique. L'avionneur, qui possède aujourd'hui directement et indirectement près de 80 hangars, devrait réduire le nombre des centres de logistique à huit au maximum. Ils seront tous gérés par des sous-traitants.

Contacté par www.20minutes.fr, la direction d'Airbus affirme n'avoir ni fixé de calendrier ni établi de liste de sous-traitants visés par ces mesures. D'après l'avionneur, "il est trop tôt pour que les fournisseurs aient pu réagir".

Aides de l'Etat

Pour compenser les difficultés financières liées au retard du gros porteur A380, EADS a annoncé début octobre un lourd plan d'économies chez Airbus pour réduire les coûts de 2 milliards d'euros. Des suppressions d'emplois, dont le nombre et les modalités restent à fixer, sont également prévues.

Le Groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales (Gifas) avait signalé il y a deux semaines à Dominique Perben, ministre des Transports, son inquiétude sur les possibles conséquences du plan d'économies d'Airbus sur leur secteur.

Le ministre avait répondu qu'il « mobilisait » les systèmes d'aide à la trésorerie des entreprises. L'Etat proposera ainsi des dispositifs de garanties de prêts, d'avances remboursables ou d'allongement des délais de paiement. Dominique Perben n'a pas chiffré ces aides ni le nombre d'entreprises menacées. Mais environ 200 sociétés affiliées au Gifas réalisent au moins la moitié de leurs ventes avec Airbus.