L’industrie française a encore perdu 15.000 emplois en 2012

Mathieu Bruckmüller

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Chaine d'assemblage d'automobiles dans une usine Peugeot à Poissy (Yvelines).
Chaine d'assemblage d'automobiles dans une usine Peugeot à Poissy (Yvelines). — V. WARTNER / 20 MINUTES

«Une année morose.» C’est peu dire que 2012 aura été une année difficile sur le front de l’emploi comme l’illustre le bilan, publié ce jeudi, de l'Acoss, l'organisme qui chapeaute les Urssaf. En dehors de l’intérim, première variable d’ajustement des entreprises en temps de crise, qui a perdu près de 7% de ses effectifs soit 44.000 postes, et la construction avec 13.000 emplois de moins, c’est l’industrie qui une nouvelle fois a payé le plus lourd tribut avec la suppression de 15.000 emplois, à peu de chose près le même niveau que l’an dernier.

Le bois et le papier à la peine

Le repli de l’emploi industriel concerne la plupart des activités mais est particulièrement marqué dans les secteurs du bois et papier (plus de 6.000 postes), de l’habillement, textile et cuir (près de 3.000 postes), l’industrie des plastiques et autres produits non minéraux (- 5.000 postes), la fabrication d’équipements électriques (-2.000 postes) ou encore l’automobile avec 0,6% d’effectifs en moins à l’image des plus de 11.000 suppressions de postes chez PSA. L’emploi se dégrade aussi dans les industries agro-alimentaires (-4.000 postes).

A l’inverse note l’Acoss, la fabrication de matériels de transport a recruté  5 000 personnes grâce à la croissance de la construction aéronautique et spatiale (+ 6,1 %) et de la construction des navires (+ 4,7 %).  Deux autres secteurs industriels observent une hausse d’effectifs en 2012 : la production et distribution d’eau (+ 2,0 %, un peu plus de 3.000 postes) et la production et distribution d’électricité, gaz, vapeur et air conditionné (+1,6 %, soit près de 3.000 postes).

Plus que 15% de l’ensemble des salariés

Mais au final, avec 3,2 millions de salariés, l’industrie ne représente plus que 15% de l’emploi salariés en France. Pourtant, ce déclin n’est pas isolé. «L’industrie manufacturière se contracte mondialement, avec le désendettement, la rentabilité de la production plus élevée dans les services et la construction que dans l’industrie, la saturation de la consommation de certains produits industriels», explique l’économiste Patrick Arthus.

En revanche, la croissance industrielle reste forte en Chine grâce, en Asie du Sud-Est (en particulier en Indonésie et au Vietnam) et dans quelques pays d’Afrique (Ghana, Nigéria, Kenya, Afrique du Sud). «Ceci est dû au rattrapage du niveau technologique et à la compétitivité-coût favorable», analyse le directeur de la recherche chez Natixis.

Malgré tout, l’industrie va continuer à embaucher en France dans les années à venir. La métallurgie prévoit 100.000 recrutements à l’horizon 2020 grâce notamment à l’aéronautique, la construction ferroviaire et l'électronique qui ont des carnets de commandes bien remplis surtout pour l’étranger.