Le gouvernement recule sur l’apprentissage

EMPLOI Le gouvernement a annoncé mercredi la disparition de l’indemnité compensatrice de formation pour les entreprises accueillant des apprentis…

Delphine Bancaud

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L'Institut de formation automobile de Nice forme des apprentis mécaniciens en alternance.
L'Institut de formation automobile de Nice forme des apprentis mécaniciens en alternance. — J. C. MAGNENET / ARCHIVES ANP / 20 MINUTES

Un rétropédalage face à la fronde. Les très petites entreprises (TPE) de moins de 10 salariés bénéficieront d'un «nouveau dispositif» pour l’apprentissage a assuré jeudi à l'AFP une source gouvernementale, au lendemain de l'annonce de la suppression de l'indemnité versée aux employeurs d'apprentis.

Alors que François Hollande a rappelé le 14 juillet son combat pour favoriser l’emploi des jeunes, le gouvernement avait en effet annoncé mercredi la suppression de l’indemnité compensatrice de formation, à l'issue du comité interministériel pour la modernisation de l'action publique (Cimap). Soit 550 millions d'euros d’aides qui ne seraient plus versés par l'Etat aux entreprises accueillant des apprentis. Les deux tiers des bénéficiaires de ce dispositif sont des TPE accueillant des apprentis, qui touchent entre 1.000 et 2.000 € par an par ce biais.

Une annonce qui a provoqué une levée de boucliers ce jeudi. La suppression de cette aide serait comme «un véritable tsunami pour l’apprentissage dans l’artisanat. D’autant que les inscriptions en formation pour la rentrée 2013 ont déjà reculé de 11 à 16% par rapport à la rentrée 2012», a indiqué à 20 minutes François Moutot, Directeur général de l’Assemblée permanente des chambres de métiers et de l’Artisanat (APCMA). «Cela aurait immanquablement des répercussions sur le nombre de contrats signés, surtout à l’heure où les petites entreprises sont acculées à de grosses difficultés financières», a-t-il insisté. «Les patrons des petites entreprises hésiteront encore plus à recruter des jeunes par ce biais si cette aide de l’Etat ne leur ai pas accordée», a confirmé à 20 minutes Jean-Michel Pottier, président de la commission formation de la CGPME.

En contradiction avec l’objectif des 500.000 apprentis en 2017

Le tollé suscité par cette mesure était d’autant plus fort, qu’elle était jugée contradictoire avec l’ambition du gouvernement sur l’alternance. La France compte en effet 440.000 apprentis aujourd’hui et François Hollande a rappelé lors de la conférence sociale du mois de juin que son objectif était de parvenir à «500.000 apprentis dans les trois prochaines années». Or, selon le président PS du conseil régional d'Ile-de-France, Jean-Paul Huchon, la suppression de l’aide versée aux entreprises accueillant des apprentis risquait de «déstabiliser l'apprentissage» au moment où le gouvernement prétend le promouvoir. Un avis partagé par Jean-Louis Borloo, Président de l'UDI, qui estimait que cette annonce va «à l'encontre de l'amplification de l'apprentissage, pourtant facteur d'insertion par excellence des jeunes».

Le gouvernement a donc décidé de reculer face à la fronde, ce qu’anticipait déjà  Jean-Michel Pottier jeudi matin. «On peut s’attendre à un rétropédalage sur cette mesure. Le gouvernement pourrait par exemple décider au final, de maintenir l’indemnité compensatrice de formation pour les TPE»…