Reprise des sites rentables: Le texte ne satisfait ni le Medef, ni le Front de gauche

C.B. avec AFP
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Manifestation à Florange le 27 septembre 2012.
Manifestation à Florange le 27 septembre 2012. — Mathieu Cugnot/AP/SIPA

C’était l’une des promesses du candidat Hollande. Contraindre les industriels à rechercher un repreneur lorsqu'ils veulent se séparer de l'un de leurs sites viables, sous peine de sanctions financières. Ces pénalités pourraient aller jusqu'à 20 fois le Smic par emploi supprimé. Les commissions des Affaires sociales et des Affaires économiques de l'Assemblée nationale entament aujourd'hui l'examen de cette proposition de loi «Florange» «visant à redonner des perspectives à l'économie réelle et à l'emploi industriel».

Ce qui fait vivement réagir le Medef. «Instaurer de nouvelles procédures de recherche de repreneur, d'information du comité d'entreprise et de saisine du tribunal de commerce représenterait une nouvelle contrainte sur les entreprises», a déclaré la plus grande organisation patronale de France dans un communiqué, estimant que ce texte «risque de dissuader les investisseurs de choisir d'investir en France».

«Il n'empêche pas les fermetures de sites»

«Tout doit être fait pour inciter les entrepreneurs et les investisseurs à développer des activités en France. Instaurer toujours plus d'obligations, à l'opposé de la liberté d'entreprendre, ne pourra que conduire à freiner encore plus l'investissement, et donc l'emploi», a commenté le nouveau président de l'organisation patronale, Pierre Gattaz.

A l’inverse, le texte est «très insuffisant» pour André Chassaigne, le chef de file des députés Front de Gauche. Car «il n'empêche pas les fermetures de sites», argumente l'élu communiste du Puy-de-Dôme, qui ajoute: «Il faut empêcher que les incendies se déclenchent. Or là, on n'empêche pas que l'incendie se déclenche mais on vient pour essayer de l'éteindre ou du moins d'atténuer les conséquences. On laisse brûler la maison mais on s'arrange pour que les maisons autour ne soient pas atteintes».

Le Front de gauche hésite donc à se prononcer pour le texte ou à s’abstenir, mais précise qu’il ne votera pas contre.