Pourquoi Distingo, le livret d'épargne de PSA, a réussi son démarrage

Bertrand de Volontat

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Peugeot illustration.
Peugeot illustration. — LIONEL BONAVENTURE / AFP

Ça roule pour le livret d’épargne Distingo de Banque PSA Finance (BPF). Lancé le 5 mars, il a collecté au 30 juin plus de 780 millions d’euros d’encours et enregistré 14.500 ouvertures de comptes. De quoi revoir à la hausse les objectifs initiaux, qui étaient de 400 millions d’encours à la fin 2013 et de un milliard sur une année pleine. 

«Les campagnes publicitaires axées sur l’ancrage de ce livret dans l’économie réelle a participé à sa réussite», explique Philippe Alexandre, directeur général de BPF. «A côté des collectes du Livret A, cela reste encore petit», nuance Philippe Crevel, secrétaire général du cercle des épargnants. 

Le livret passera-t-il la deuxième vitesse? 

Le succès de ce livret d’épargne, commercialisé uniquement en ligne, tient essentiellement à son taux très attractif: une offre de lancement alléchante à 5,5% pendant les quatre premiers mois, un taux «hors de proportion» pour Philippe Crevel, puis un glissement à une rémunération à 2,2%. Suffisant pour attirer les placements des Français, tout particulièrement en ces temps de vache maigre pour l’épargne défiscalisée. Le gouvernement devrait en effet annoncer dans les jours à venir une nouvelle baisse du taux du livret A dès le 1er août, qui passerait de 1,75% à 1,5% ou 1,25%, voire même à 1%. 

«J’espère que la baisse du livret A va stimuler la croissance de nos encours», se réjouit Jean-Baptiste Chatillon, directeur financier de PSA Peugeot Citroën, qui évoque un mouvement accentué des collectes ces derniers jours sur Distingo. PSA pourra-t-elle conserver de tels taux? «Nous verrons mais nous aurons toujours une offre attractive», poursuit le directeur financier qui se veut confiant. «Ils seront obligés de banaliser leurs taux et de se rapprocher des taux des autres livrets bancaires proches de 1,8%», tempère Philippe Crevel. Le livret d’épargne de Renault, lancé en février 2012, est par exemple passé de 2,2 à 2% ce 1er juillet. 

Le livret ne sauve pas les immatriculations 

Selon la banque de PSA, Distingo a réussi sa mission de rapprocher les épargnants des acteurs de l’économie. Le livret a participé au financement de 200.700 véhicules neufs en quatre mois, grâce aux crédits consentis par BPF. «Nous finançons également notre réseau composé de PME», ajoute Philippe Alexandre. Une bonne nouvelle à la lueur des chiffres de l’immatriculation neuve, publiés ce mardi, par l’Association européenne des constructeurs automobiles, rapportant une chute de 13,3% des ventes en Europe de PSA au premier semestre 2013. La baisse atteint 14,3% en France sur cette période, selon les chiffres du CCFA.