Bretagne: Syrlinks cible le débouché prometteur des mini-satellites

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"Quand je travaille pour le +spatial+, personne n'entre dans cette pièce!" prévient Sylvie Le Barbier, opératrice chez Syrlinks, une PME bretonne leader sur le marché mondial prometteur des systèmes miniatures de communication pour les micro et nanosatellites.
"Quand je travaille pour le +spatial+, personne n'entre dans cette pièce!" prévient Sylvie Le Barbier, opératrice chez Syrlinks, une PME bretonne leader sur le marché mondial prometteur des systèmes miniatures de communication pour les micro et nanosatellites. — Damien Meyer AFP

«Quand je travaille pour le +spatial+, personne n'entre dans cette pièce!» prévient Sylvie Le Barbier, opératrice chez Syrlinks, une PME bretonne leader sur le marché mondial prometteur des systèmes miniatures de communication pour les micro et nanosatellites.

L'enjeu est de taille: une poussière ou un défaut de concentration pourraient nuire aux cartes électroniques qui équiperont ces mini-satellites, dont les lancements se multiplient, et sur lesquelles elle soude avec dextérité de microscopiques composants à l'aide d'une loupe binoculaire.

Née en 2011 et installée à Bruz (Ille-et-Vilaine), près de Rennes, l'entreprise développe, notamment pour des nanosatellites, des équipements légers et peu gourmands en énergie, «qui permettront de redescendre sur Terre des flots de données» de l'ordre de 3 giga-octets, explique à l'AFP Guy Richard, le président de Syrlinks, en évoquant une véritable «rupture technologique».

Les nanosatellites, des poids plume de 5 à 10 kilos (contre quelques tonnes pour un satellite de communications classique), représentent «un nouveau domaine, assez prometteur au niveau mondial», et désormais pris très au sérieux par le Centre national d'études spatiales (CNES), l'Agence spatiale européenne (ASE) et la Nasa, assure Guy Richard.

Selon lui, en 2013, une cinquantaine de petits satellites seront lancés en orbite basse et «on prévoit une croissance exponentielle», ce qui pose d'ailleurs «le problème de la gestion des débris».

Avantage: grâce à leur faible encombrement, les fusées peuvent les mettre sur orbite de manière groupée, réduisant les coûts de lancement. «L'accès à l'espace devient ainsi possible pour des entités pas forcément étatiques», comme des régions ou des associations, néanmoins dotées d'un budget d'environ deux millions d'euros, souligne Guy Richard.

«Perdu dans le désert»

Les équipes de Syrlinks - 33 personnes à Bruz - ont récemment conçu un émetteur de moins d'un kilo, économe en énergie, capable de transférer en quelques minutes trois giga octets de clichés, enregistrés à partir du microsatellite belge Proba-V, lancé le 6 mai dernier et destiné à observer l'évolution de la végétation.

Les équipements pour microsatellites coûtent environ 100.000 euros, un prix concurrentiel qui s'explique notamment par l'achat de composants standard du commerce.

«Par exemple, si vous achetez des transistors dans un cadre spatial, c'est 500 euros pièce», explique M. Richard. «Si vous l'achetez dans un cadre commercial, c'est quelques centimes mais sans garantie qu'il fonctionnera de manière fiable: on a donc développé tout un savoir-faire pour fiabiliser cette technologie», poursuit-il.

Si le secteur spatial représente 50% du chiffre d'affaires de Syrlinks (3,9 millions d'euros en 2012), l'activité défense, avec notamment des systèmes de positionnement embarqués sur des drones, et la sécurité avec des balises de détresse miniatures se partagent l'autre moitié, à parts égales.

Dans ce dernier domaine, Syrlinks a équipé une montre de luxe Breitling d'une balise, trésor de miniaturisation, destinée à localiser des personnes en détresse et alerter les secours.

Sous les 50 grammes de titane de l'«Emergency II», et ses quelque 14.000 euros, se cache ainsi un microémetteur bi-fréquence capable d'émettre pendant 24 heures à des températures de -20 à +55 degrés vers un satellite de l'organisme international Cospas-Sarsat.

«Si vous êtes perdu dans le désert, vous pouvez activer votre balise» en tirant deux antennes intégrées dans la montre, explique M. Richard.

«Et comme on est Bretons», «on pense à adapter cette technologie pour des applications maritimes», explique-t-il, en citant notamment les gilets de sauvetage ou les vêtements de marins.