"Linux est désormais incontournable"

Revue de web autour de l'accord Microsoft Novell

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Le géant mondial des logiciels Microsoft, créateur de Windows, et la société informatique Novell, du camp adverse de la norme Linux, ont décidé de s'allier pour rendre compatibles leurs systèmes d'exploitation, une petite révolution pour l'industrie du logiciel.
Le géant mondial des logiciels Microsoft, créateur de Windows, et la société informatique Novell, du camp adverse de la norme Linux, ont décidé de s'allier pour rendre compatibles leurs systèmes d'exploitation, une petite révolution pour l'industrie du logiciel. — Monica M. Davey AFP

Le partenariat sur l’interopérabilité de certains systèmes Microsoft et Novell, distributeur du système d’exploitation libre Linux, fait couler beaucoup d’encre… HTML. L’accord, signé jeudi 2 novembre à San Francisco (lire le communiqué de presse de Microsoft, de Novell et voir la vidéo) suscite les interrogations et les spéculations des internautes qui en débattent sur le forum francophone de Linuxfr.org. Ce site revient plus précisément sur les différents points de la collaboration technique entre les deux firmes : la virtualisation, les services web et la comptabilité des formats de document bureautique.

John Dragoon, le responsable du marketing de Novell, dévoile sur son blog les coulisses de la décision d’accord qui, reconnaît-il, était encore imprévisible il y a peu de temps. Autre dirigeant de Novell à réagir sur son blog, Jeff Jaffe, responsable technique de la société, liste les avantages du rapprochement et explique qu’ « en bien des manières, ce nouveau partenariat renforce la communauté des partisans du logiciel libre ».

Conclusion proche pour Marten Mickos, PDG de la base de données libre MySQL, interviewé par L’Expansion.com, qui estime que « Linux est désormais inévitable ». « Je ne vois pas en quoi cette protection supplémentaire de Microsoft pour les clients de SUSE Linux va changer la donne », poursuit-il toutefois car « les entreprises utilisaient déjà Red Hat ou d’autres distributeurs Linux ».

Boursorama nous apprend toutefois que le distributeur Red Hat (qui contrôle près de 80% du marché des applications Linux) a été victime de l’accord puisque son action au Nasdaq a perdu 1,2% de sa valeur au lendemain de l’annonce.

Pour expliquer l’alliance, le blog Microsoftmonitor tenu par des analystes de Jupiter Research, compare celle-ci à l’Accord de Libre Echange Nord-Américain (ALENA) dans le cadre duquel les Etats-Unis et le Canada entretiennent des relations commerciales « sans que cela ne dicte à l’un d’entre eux son comportement ». L’accord Microsoft-Novell permettrait également « d’échanger plus de technologie et coopérer sans perturber leur différents modèles de propriété intellectuelle ».

Le site de la cellule de veille technologique de l’Atelier BNP-Paribas, Atelier.fr, cite l’avocat général de Microsoft pour lequel « les logiciels libres jouent un rôle important dans le secteur et sont là pour durer ». Comme un aveu.

« Microsoft se met à Linux », titre le journal spécialisé 01net.com qui n’hésite pas à parler d’un « accord historique » tandis que le site ZDNet France rappelle que « l’union peut sembler contre nature ». Et détaille des deux volets, technique et juridique, du rapprochement inattendu.

Plus distancier, le journal local de San José (Californie), Mercury News, note que toutes les zones de désaccord entre les deux compagnies ne sont pas éclaircies, notamment le recours antitrust de Novell qui défend son produit WordPerfect contre le logiciel Microsoft Office de la firme de Redmond. Encore plus ironique, le blog d’éditorialistes high-tech Good Morning Silicon Valley rappelle que « personne n’a jamais profité d’un partenariat avec Microsoft à part Microsoft ! ». La naissance de ce que le blog appelle « Winux » (contraction de Windows et Linux) s’explique par leur volonté commune « de baiser Oracle et Red Hat ». Et de citer un consultant qui compare l’entente au pacte secret germano-soviétique entre Hitler et Staline : « deux ennemis implacables qui se mettent d’accord pour tirer une balle dans la tête aux autres vilains ».

Alexandre Sulzer