Hausse des tarifs de l'électricité: Un dérapage mal contrôlé

ENERGIE L'association de consommateurs CLCV dénonce mardi une décision injuste et préjudiciable pour le pouvoir d'achat...

Claire Planchard

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Pylônes à haute tension. Illustration électricité. Strasbourg
Pylônes à haute tension. Illustration électricité. Strasbourg — GILLES VARELA / 20 MINUTES

«La flambée du prix de l'électricité ? Tout sauf une évidence». Le titre de la tribune de la CLCV donne tout de suite le ton. Pour l’association, les deux hausses de 5% en août 2013 et 2014 annoncées lundi par le gouvernement sont le fruit de préconisations biaisées de la CRE, la Commission de régulation de l’énergie, mais aussi d’un défaut de gouvernance de l’Etat, actionnaire à 84% d’EDF.

Des recommandations tarifaires factuellement biaisées

Dans un long «plaidoyer pour une maîtrise des dépenses d’énergie» publié mardi sur son site Internet, la CLCV étaye son coup de gueule d’un long argumentaire.

Concernant d’abord le calcul chiffré des coûts de service d’EDF, socle des préconisations de la CRE sur la hausse de tarifs commerciaux, la CLCV dénonce leur manque d’objectivité.  «Le calcul de coût repose en partie sur des données d’EDF qui ne sont pas vérifiables ni très objectivables. Dès lors, les conclusions de l’étude sont subjectives et peuvent être indirectement orientées par l’opérateur». Une dépendance factuelle reconnue par l’instance elle-même dans son étude publiée en juin, dans laquelle elle recommandait une hausse de 6,8 % à 9,6 % du tarif bleu de l’électricité. Or souligne la CLCV, «ces données» (et en premier lieu la répartition de la consommation entre période de pointe et période creuse, usage domestique ou professionnel, etc.) «ont une influence cruciale sur le niveau «réel» du tarif réglementé calculé par la CRE».

Une rente de monopole peu régulée par l’Etat-actionnaire

Autre anomalie soulignée par la CLCV, le rôle insuffisamment actif de l’Etat, actionnaire majoritaire d’EDF sur la gestion des coûts d’exploitation de l’opérateur. «On peut estimer que l’opérateur n’est pas toujours exemplaire dans la  maitrise de ces coûts et qu’une partie des hausses du prix de revient ne se justifie pas», explique l’association en citant notamment un récent rapport de la  Cour des comptes publié en février qui pointait que «l’augmentation des coûts du secteur est tout sauf la résultante inéluctable d’une trajectoire technique (plus de sécurité dans le nucléaire etc.) et provient aussi de phénomènes de rente liée à une position dominante sur le marché» (tarifs très minorés pour ses salariés, forte hausse salariale, etc.)

Elle dénonce enfin la politique de distribution de 50% des bénéfices annuels de l’opérateur sous forme de dividende. «Actionnaire à 84 %, on peut donc supposer que l’Etat a reçu près de 1,7 milliard de dividendes cette année. A certains égards, il s’agit d’une forme de taxation indirecte du tarif de l’électricité. Les fonds employés au versement des dividendes peuvent manquer pour le financement des investissements, ce qui incite ensuite l’opérateur à revendiquer une hausse du tarif réglementé», conclut la CLCV dans son plaidoyer.

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