Spanghero: La justice tranche ce vendredi sur le sort de l'entreprise

ÉCONOMIE eprise partielle ou fermeture de l'entreprise: la justice tranche ce vendredi...

avec AFP

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Le scandale de la viande de cheval aura-t-il raison de la société Spanghero et de ses 230 salariés? Le tribunal de commerce de Carcassonne dira à la mi-journée s'il retient l'offre de reprise partielle de Laurent Spanghero ou s'il ordonne la fermeture du site.
Le scandale de la viande de cheval aura-t-il raison de la société Spanghero et de ses 230 salariés? Le tribunal de commerce de Carcassonne dira à la mi-journée s'il retient l'offre de reprise partielle de Laurent Spanghero ou s'il ordonne la fermeture du site. — Eric Cabanis AFP

Le scandale de la viande de cheval aura-t-il raison de la société Spanghero et de ses 230 salariés? Le tribunal de commerce de Carcassonne dira à la mi-journée s'il retient l'offre de reprise partielle de Laurent Spanghero ou s'il ordonne la fermeture du site.

Pour les salariés, qui seront réunis sur le site de l'entreprise à Castelnaudary (Aude) dans l'attente de la décision, la journée de vendredi marquera l'épilogue de près de cinq mois de descente aux enfers, de tourmente médiatique, de lutte et d'angoisse face à l'avenir.

Quelle qu'elle soit, la décision du tribunal de commerce sera douloureuse: soit l'offre de Laurent Spanghero et de ses associés, le promoteur Jacques Blanc et la société de capital-risque Investeam, est jugée viable et un peu moins de 100 emplois seront préservés, soit le tribunal estime le projet déficient et tout le monde sera licencié.

L'expérience du fondateur

Mardi, lors de l'audience, une seconde offre portée par deux salariés et les entreprises Delpeyrat (foie gras et plats cuisinés) et Deveille (transformation de viande) n'avait pas été jugée recevable car «incomplète», faute d'avoir obtenu un abandon de créances des banques.

Laurent Spanghero, qui a fondé la société avec son frère Claude en 1970, l'avait cédée en 2009 pour un euro symbolique à la coopérative basque Lur Berri, «afin de sauver les 450 emplois de l'époque», aime à rappeler l'ancien rugbyman de 74 ans.

Ses détracteurs s'empressent de souligner que la situation de l'entreprise n'était alors guère reluisante: «il ne faut pas qu'il oublie qu'il y a trois ans, il a vendu la société pour un euro et qu'il avait fait faillite. Il y avait beaucoup de dettes. Et il se trouverait maintenant des compétences qu'il n'avait pas il y a trois ans?», s'interroge ainsi un cadre de l'entreprise, sous couvert de l'anonymat.

Le projet de Laurent Spanghero mise sur le «développement homogène» des deux activités viandes et plats cuisinés de l'entreprise, qui s'appellerait dorénavant «Saveurs occitanes», rompant ainsi avec un nom désormais discrédité.

Entreprise à l'arrêt

Spanghero, dont les comptes étaient en train de se redresser progressivement avant que le scandale n'éclate, avait été désignée mi-février par le gouvernement comme un acteur primordial de la tromperie.

La société, affirmait le gouvernement, revendait en connaissance de cause de la viande chevaline comme viande de boeuf. Cette viande était achetée par des entreprises fabriquant elles-mêmes des plats cuisinés pour de grandes enseignes. Depuis février, au moins quatre autres circuits ayant conduit à la présence de cheval dans des plats cuisinés, comme des lasagnes, ont été identifiés par les autorités françaises.

Spanghero, poids lourd économique régional qui revendiquait 360 salariés avant le scandale, espérait se rétablir après avoir récupéré ses agréments sanitaires, mais, de l'avis général des salariés, la révélation a posteriori (le 19 mars) de la découverte dans l'entreprise de viande de mouton britannique prohibée, en même temps que la viande de cheval, a mis l'entreprise à genoux.

Mesures d'accompagnement

Si le tribunal ne devait pas retenir l'offre de Laurent Spanghero, les salariés, qui continuent de négocier les mesures d'accompagnement du plan social, recevraient rapidement leur lettre de licenciement.

En l'état, Lur Berri propose une enveloppe de 460.000 euros d'indemnités, soit 2.000 euros par salariés licencié en plus des obligations légales.