Vinci monte au capital d'ADP et poursuit son expansion aéroportuaire

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L'Etat a annoncé dimanche avoir cédé 9,5% d'Aéroport de Paris à Vinci et à l'assureur Predica (groupe Crédit Agricole), une opération qui va faire entrer un peu d'argent frais dans ses caisses et permet à Vinci de se renforcer dans un secteur prometteur.
L'Etat a annoncé dimanche avoir cédé 9,5% d'Aéroport de Paris à Vinci et à l'assureur Predica (groupe Crédit Agricole), une opération qui va faire entrer un peu d'argent frais dans ses caisses et permet à Vinci de se renforcer dans un secteur prometteur. — Jacques Demarthon AFP

L'Etat a annoncé dimanche avoir cédé 9,5% d'Aéroport de Paris à Vinci et à l'assureur Predica (groupe Crédit Agricole), une opération qui va faire entrer un peu d'argent frais dans ses caisses et permet à Vinci de se renforcer dans un secteur prometteur.

L'Etat a vendu 3,9% du capital sur les 54,5% qu'il détenait dans le gestionnaire des aéroports franciliens de Roissy et d'Orly, ainsi que les 5,6% possédés indirectement jusque-là via le Fonds stratégique d'investissements (FSI).

L'opération, réalisée au prix de 78,5 euros par action, a rapporté 738 millions d'euros (303 millions à l'Etat et 435 millions au FSI), selon un communiqué de Bercy. Elle doit permettre de dégager «des ressources en fonds propres pour de nouveaux secteurs porteurs de développement économique».

Au cours des dernières semaines, l'Etat avait déjà cédé une partie de ses parts dans l'équipementier aéronautique Safran, pour 448,5 millions d'euros, et dans le groupe d'aéronautique et de défense EADS par le biais de deux opérations qui lui ont rapporté au total 1,19 milliard d'euros.

Il conserve toutefois la majorité du capital d'ADP (50,63%), tandis que Vinci voit sa participation grimper de 3,3% à 8%, au même niveau désormais que N.V. Lutfhaven Schiphol, le partenaire d'ADP qui gère l'aéroport d'Amsterdam.

Vinci n'a pas souhaité commenter cette opération dimanche. Crédit Agricole Assurances, qui chapeaute Predica, s'est lui félicité de «cet investissement auprès d'un acteur majeur du secteur aéroportuaire européen et mondial» dont il compte accompagner le développement «dans la durée dans une logique partenariale».

Vinci avec ses 8% et Predica avec ses 4,81% pourront bientôt siéger au conseil d'administration d'ADP aux côtés de l'Etat et de Schiphol. L'Etat s'est en effet engagé à ce qu'un actionnaire détenant au moins 4,5% puisse entrer au conseil d'administration, «au plus tard» lors de la prochaine assemblée générale en 2014.

Conformément au cahier des charges, Vinci ne pourra pas pendant cinq ans dépasser le seuil des 8%. Mais sa montée au capital d'ADP a l'avantage de placer cet acteur français majeur des concessions en pôle position si un jour l'Etat voulait se désengager d'ADP.

Vinci affiche depuis quelques années sa volonté de se développer dans le secteur des aéroports, qui ne représente pour l'instant que quelques pourcents de ses 38,63 milliards d'euros de chiffre d'affaires.

Ce marché est en pleine évolution en Europe,- où le mouvement de privatisations a été initié il y a quelques années par ADP et Amsterdam-Schiphol - tandis que la Commission européenne pousse à l'ouverture du capital des opérateurs, estimant que la concurrence stimule l'activité économique.

Fin décembre, Vinci a décroché le marché des dix aéroports portugais privatisés(il a repris le gestionnaire portugais Ana), pour quelque 3 milliards d'euros. Une opération considérée comme structurante pour le groupe, qui va donner un coup d'accélérateur à sa stratégie internationale alors qu'il n'exploitait jusque-là que trois aéroports au Cambodge et dix en France (Rennes, Nantes, Grenoble...)

Sur ce secteur, Vinci est en concurrence avec des opérateurs comme ADP -- qui participe à la gestion de nombreux aéroports dans le monde et a pris notamment 38% du turc TAV -- ou Fraport en Allemagne, mais aussi avec des investisseurs purs tels que des fonds, désireux de miser sur ces infrastructures en plein boom au niveau mondial.

Pour alléger sa dette notamment, l'allemand Hochtief, passé en 2011 sous le contrôle de l'espagnol ACS, a ainsi vendu en mai pour 1,1 milliard d'euros à un fonds de pension canadien sa filiale d'aéroports Hochtief Airport, qui détient des participations dans les aéroports de Dusseldorf, Athènes et Sydney.

Le groupe espagnol de BTP et de services Ferrovial a, lui, vendu fin octobre 5,72% de la maison-mère de l'aéroport d'Heathrow, FGP Topco, à une filiale du chinois CIC International. Il avait déjà vendu plus de 10% de Heathrow Airport Holdings (HAH, ex-BAA) au Qatar en août, mais reste avec 33,65% l'opérateur principal de HAH -- qui possède Heathrow, l'un des plus grands aéroports de la planète, mais aussi Southampton, Aberdeen et Glasgow.

Auparavant, Ferrovial avait vendu fin 2009 sous la pression des autorités de la concurrence l'aéroport de Gatwick au fonds d'investissement américain GIP pour environ 1,7 milliard d'euros. Puis, en 2012, l'aéroport d'Edimbourg au fonds Global Infrastructure Partners (GIP) pour 984 millions d'euros...