L'éclairage la nuit, c'est bien fini

Céline Boff

— 

À partir du 1er juillet 2013, les vitrines des magasins devront restreindre leur éclairage la nuit. Ici, le boulevard Haussmann à Paris le 27 juin 2013.
À partir du 1er juillet 2013, les vitrines des magasins devront restreindre leur éclairage la nuit. Ici, le boulevard Haussmann à Paris le 27 juin 2013. — A. GELEBART / 20 MINUTES

A partir de ce lundi, les commerces, les bureaux et les bâtiments doivent éteindre leurs éclairages de 1h à 7h du matin. Ou, s’ils sont ouverts pendant ces horaires, les couper une heure après la fin de l’occupation des locaux pour les rallumer une heure avant le début de l’activité. 

Mais comment les commerçants vivent-ils cette nouvelle règle? «Eh bien, vous me l’apprenez!», répond Aurèle Sarfati, responsable de la boutique Donald et trésorier de l’Association des commerçants des Grands Boulevards. «Paris est la ville lumière, que tout soit éteint, je trouve ça triste, surtout pour les touristes… Mais je suis certain que personne n’est au courant de cette nouvelle réglementation».

Effectivement, boulevard Poissonnière, aucun commerçant ne semble réellement informé. «Je savais que quelque chose relatif à l’éclairage allait arriver un jour, mais sans plus de précisions… Ceci dit, je me demande bien qui ça concerne: personne ne laisse plus la lumière allumée quand son établissement est fermé», avance Ophélie, qui travaille au pub Le Corcoran’s. Même le cinéma Le Grand Rex, l’une des attractions du quartier, éteint déjà ses lumières à la fin de la projection du dernier film, soit vers minuit.

Une amende pouvant aller jusqu’à 750 euros

Les chaînes jouent aussi jeu. «Il n’y a pas de lumière chez nous la nuit!», assure Claire Lagoa, directrice du magasin Aubert. Et les veilleuses «sorties de secours»? «C’est une plaisanterie? On est vraiment censés les éteindre?». Tous les éclairages sont en effet concernés, à l’exception de ceux liés aux détections de mouvements, et les contrevenants s’exposent à des amendes pouvant aller jusqu’à 750 euros.

Des dérogations sont toutefois possibles les veilles de jours fériés, pendant les illuminations de Noël, lors d’événements particuliers et dans les zones touristiques d’affluence exceptionnelle.  Et puis, il y a ceux qui ne seront jamais touchés, comme le café La Porte Montmartre: «Nous sommes ouverts 7 jours sur 7, 24h sur 24… Mais l’idée est séduisante!», sourit Nicolas Chopin, le responsable.

D’après le ministère de l’Ecologie, cet arrêté devrait permettre d’économiser l’équivalent de la consommation annuelle d’électricité de 750.000 ménages soit 200 millions d’euros, mais le Syndicat de l'Eclairage chiffre un gain quatre fois moins important. Anne-Marie Ducroux, présidente de l'Association nationale pour la protection du ciel et de l'environnement nocturne (ANCPEN), salue quant à elle cette mesure «qui permet, sans dépenser d’argent, d’en faire gagner à certains et de préserver l’environnement».