Chômage: Au coeur d'une mission pour l’emploi des jeunes

REPORTAGE Alors que le chômage des moins de 25 ans a augmenté de 10% depuis un an, plongée dans la mission locale de Clichy-la-Garenne (Hauts-de-Seine) qui aide chaque année près de 1.500 jeunes à s’insérer...

Delphine Bancaud

— 

Chaïmma, 20 ans et sa conseillère, à la mission locale de Clichy (92).
Chaïmma, 20 ans et sa conseillère, à la mission locale de Clichy (92). — A. GELEBART / 20 MINUTES

Le mercredi après-midi, la mission locale de Clichy-la-Garenne (Hauts-de-Seine) ressemble à une vraie ruche. Au rez-de chaussée, une dizaine de jeunes scrutent les offres d’emplois sur les ordinateurs. A l’étage, d’autres participent à des ateliers ou des entretiens avec leurs conseillers. Pas étonnant lorsque l’on sait que le taux de chômage des jeunes dépasse les 20% dans la ville. «En 2008, nous accueillions 1.300 jeunes chaque année. En 2012 ils étaient 1.500. Et, en 2013, ils seront encore plus nombreux», constate le directeur Vincent Bosc.

Car la crise a encore aggravé la situation des non-diplômés, qui représentent 50% des jeunes de 16 à 25 ans accueilli dans cette mission locale. Parmi eux, Chaïmma, 20 ans : «J’ai raté mon bac l’an dernier, car, moi et l’école, ce n’était plus ça. Je ne savais plus quoi faire, alors je me suis adressée ici. Depuis, j’essaye de trouver ma voie avec l’aide de ma conseillère. Mais je suis un peu perdue».

«Beaucoup ne maîtrisent pas les codes sociaux»

A la mission locale, chaque jeune est suivi par une personne référente qui l’aide à définir son projet professionnel. Un travail de longue haleine, comme l’explique Janine Tshamala, conseillère en insertion professionnelle : «J’enchaîne environ 40 entretiens par semaine, en ayant une approche globale. Je détermine avec le jeune la formation ou l’emploi qui correspond le mieux à son profil, mais je travaille aussi avec lui le savoir-être. Car beaucoup ne maîtrisent pas les codes sociaux, ce qui constitue un véritable obstacle à leur insertion. Je repère aussi les autres difficultés qu’ils peuvent rencontrer en matière de logement ou de santé pour les mettre en contact avec un médecin ou une assistante sociale si besoin est.»

Janine Tshamala accompagne ainsi Brian, 22 ans, depuis 2009. «C’est important d’avoir la même conseillère, car c’est dans la durée que se construit la confiance», confie le jeune homme. «Elle m’a appris à me vendre auprès des recruteurs, à trouver une école de mode, ainsi qu’un financement pour ma formation».

Les emplois d’avenir, un recours utile

Les quinze salariés de la mission locale organisent aussi des ateliers de découverte des métiers, de préparation des entretiens… Ce matin, Vincent Bosc a d’ailleurs accompagné une vingtaine de jeunes à une session de recrutement de la RATP pour des contrats d’avenir. «Sans les emplois aidés et les contrats d’avenir, j’aurais eu un mal fou à trouver du boulot pour les jeunes non qualifiés. Malgré les critiques qu’ils suscitent, ces dispositifs leur mettent le pied à l’étrier et les préparent à la vie professionnelle lorsque la croissance reviendra», commente Vincent Bosc. Un avis partagé par Hanane, 25 ans: «Après mon CAP esthétique, je n’ai pas voulu poursuivre dans cette voie et j’ai enchaîné les petits boulots. Je cherche à effectuer une formation qualifiante et j’accepterai volontiers un contrat d’avenir. L’important c’est de trouver une issue à ma situation.»

Au final, la mission locale trouve des solutions (emploi ou formation) pour environ la moitié des jeunes accueillis chaque année. «En 2012, 20 % d’entre eux ont ainsi accédé à un emploi durable (CDI ou CDD de plus de six mois). Mais il y a une certaine déperdition car certains jeune ont du mal à s'investir dans un projet et d'autres n'y croient plus après plusieurs échecs», reconnaît Vincent Bosc.