L'entreprise veut s'imposer au programme des vacances

TOURISME L'Association de la Visite d'Entreprise lance une campagne de promotion nationale pour faire «découvrir la France autrement»...

Claire Planchard

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Visite guidée de l'usine du liquoriste Giffard à Angers le 25 juin 2013.
Visite guidée de l'usine du liquoriste Giffard à Angers le 25 juin 2013. — Claire Planchard / 20 Minutes

De notre envoyée spéciale à Angers

Charlotte sur la tête et blouse de rigueur, téléphone et bijoux interdits: la tenue réglementaire n’est pas la seule surprise que vous réserve la visite d’une entreprise agroalimentaire.

Dans les allées du site Brioche Pasquier de Brissac-Quincé, près d’Angers (Maine-et-Loire), entre silos géants et pétrins automatisés, 1.500 visiteurs ont pu admirer en 2012 la danse des millions de biscottes glissant sur des tapis roulants au-dessus de leur tête et remontant en colimaçons mécaniques pour disparaître dans un four géant.

Esthétique et prouesse technologique

Un spectacle unique de prouesse technologique et d’esthétique industrielle, mais aussi d’une réalité économique assez méconnue: «Oui on utilise des œufs frais comme chez le boulanger et le temps de fabrication est quasiment le même que celui de notre père!» plaisante le PDG du groupe familial Pascal Pasquier. «Ouvrir au public est le meilleur moyen de montrer que nous avons de beaux produits», poursuit-il.

Depuis un et demi, le liquoriste Giffard à Angers a même créé un espace dédié à la visite de son usine et embauché une salariée pour accueillir le public. Un investissement estimé à 350.000 euros déjà presque amorti, grâce aux tickets d’entrée et aux ventes dans la boutique. «Cela nous permet de réinscrire l’entreprise localement et de renforcer notre notoriété», raconte Edith Giffard, dirigeante de la distillerie familiale. Une démarche de valorisation touristique accompagnée par l’Adeve, l’agence de développement du tourisme en entreprise, qui l’a aidée à structurer son discours et son parcours de visite ainsi qu’à former les salariés.

Intégrer l’offre touristique classique

Car si visiter une verrerie ou une fromagerie locale sur son lieu de vacances n’a rien de nouveau, l’ambition de l’Adeve et de ses partenaires va plus loin. Avec le soutien du gouvernement et de plusieurs réseaux d’entreprises pionnières du tourisme en entreprise, elle a lancé en 2011 un recensement des 5.000 entreprises déjà ouvertes au public. Et lancé le premier site dédié à ce type de tourisme: www.entrepriseetdecouverte.fr. «L’entreprise est un objet culturel au même titre que les musées. Visiter un site dédié à la production est une aventure humaine insolite. Mais ce qui lui manquait, c’est une interface entre l’offre et la demande», explique Cécile Pierre, la directrice de l’Adeve.

Longtemps cantonné à des missions de développement économique local ou à l’artisanat, le tourisme en entreprise veut donc surfer sur la vogue du «fabriqué en France» et la valorisation des savoir-faire locaux en intégrant l’offre touristique comme une activité à part entière. Après les offices et les comités départementaux de tourisme, l’Adeve est en passe de conclure un partenariat avec Belambra, le spécialiste des clubs de vacances en France, qui souhaite proposer à ses vacanciers des visites dans les entreprises. Et les visites d’entreprises s’afficheront prochainement en 4x3 dans les couloirs du métro parisien pour inviter les citadins «à découvrir la France autrement».