Les députés votent pour un label «fait maison» obligatoire dans les restaurants

RESTAURATION Il concernera les plats «élaborés sur place à partir de produits bruts»...

Bertrand de Volontat (avec AFP)

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Illustration: Une assiette de nourriture.
Illustration: Une assiette de nourriture. — Matthew Mead/AP/SIPA

Un éventuel nouveau scandale de la viande de cheval vient de prendre du plomb dans l’aile. Les députés ont voté ce jeudi le principe d'une appellation «fait maison» obligatoire pour un plat «élaboré sur place à partir de produits bruts» dans le cadre du projet de loi sur la consommation.

La ministre  de l’Artisanat, du Commerce et du Tourisme, Sylvia Pinel avait proposé d’instaurer le label signalant aux clients les produits frais cuisinés sur place, les différenciant des produits surgelés, réchauffés ou sous vide passés en micro-ondes. Les députés UMP et PS ont bataillé ferme pour faire en sorte que ce ne soit pas une faculté, comme prévu par le gouvernement, mais une obligation. La ministre s'en était remise à la sagesse des députés sur ce point.

«Ecrire dans la loi une expression populaire»

Les restaurateurs devront préciser sur leur carte ou tout autre support qu'un plat proposé est «fait maison». Une utilisation frauduleuse de cette mention pourra s'assimiler à une pratique commerciale trompeuse et être passible de sanctions pénales.

Sylvia Pinel, qui avait annoncé il y a quelques jours son intention de déposer un amendement gouvernemental pour permettre d'identifier sans obligation, une appellation «fait maison», a souligné que le dispositif était «simple» et «lisible». Les détails seront précisés par décret.

«Il faut en finir avec l'assiette mystère!»

Le député-maire UMP du Touquet (Pas-de-Calais) Daniel Fasquelle, qui défend l'idée depuis longtemps, avait appelé à rendre ce label «obligatoire, car sinon, il y aura une immense déception». A la vue d'«un site internet dans le Var pour lister les restaurants où l'on fait à manger, je me suis dit 'il y a quelque chose qui ne tourne pas rond'», a-t-il raconté.

«Il faut en finir avec l'assiette mystère», avait lancé le député PS Thomas Thévenoud. «Il s'agit de défendre les restaurateurs qui ne sont pas des réchauffeurs ni des assembleurs», a ajouté ce député de Saône-et-Loire, qui n'a pas manqué de parler du long mijotage du boeuf bourguignon. Jean-Philippe Goubertn restaurateur à Paris interrogé par Le Parisien, insiste: «un label permettrait de distinguer ceux qui font de vrais efforts».

Transparence et défense des produits français sont ainsi les deux réels objectifs de cette proposition. Aussi Sylvia Pinel assurait ce lundi qu'il y aurait un impact sur l'emploi. «Cela favorisera l’emploi puisque le nombre de salariés dépend directement dans les restaurants du pourcentage de produits frais cuisinés sur place».

Clarification du label d'Etat de «maître-restaurateur»

Toujours sur proposition du gouvernement, a aussi été adoptée jeudi une mesure pour moderniser et simplifier l'accès au label d'Etat de «maître-restaurateur», créé en 2007. Daniel Fasquelle a proposé une réglementation de l'appellation de restaurant, «un lieu où l'on fait à manger», c'est-à-dire où l'on fabrique des plats sur place avec des produits bruts, mais son amendement a été repoussé.

Plus récemment, le Collège culinaire de France s’est attiré les foudres des restaurateurs en lançant l’appellation «restaurant de qualité», provoquant une véritable guerre des labels.