Panne de Boeing 787: ANA veut être dédommagé

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Les dirigeants du groupe de transport aérien japonais ANA Holdings ont indiqué jeudi être en train de négocier avec l'avionneur américain Boeing des dédommagements pour le préjudice lié à l'interdiction d'exploiter les avions B787 durant quatre mois
Les dirigeants du groupe de transport aérien japonais ANA Holdings ont indiqué jeudi être en train de négocier avec l'avionneur américain Boeing des dédommagements pour le préjudice lié à l'interdiction d'exploiter les avions B787 durant quatre mois — Kazuhiro Nogi AFP

Les dirigeants du groupe de transport aérien japonais ANA Holdings ont indiqué jeudi être en train de négocier avec l'avionneur américain Boeing des dédommagements pour le préjudice lié à l'interdiction d'exploiter les avions B787 durant quatre mois.

ANA évalue à 12,5 milliards de yens (environ 100 millions d'euros) le manque à gagner sur ses recettes dû à cet imprévu.

Deux graves incidents de surchauffe de batteries en janvier avaient conduit les autorités à clouer au sol durant environ quatre mois les 50 appareils de ce type dans le monde, dont 17 aux couleurs d'ANA qui fut la première à les employer.

«Nous avons entamé des discussions avec Boeing au sujet du montant d'indemnisation le plus approprié», a expliqué un directeur général adjoint d'ANA, Kiyoshi Tonomoto, lors de l'assemblée générale des actionnaires, selon les propos cités par le journal Nikkei.

La rivale d'ANA, Japan Airlines (JAL), a récemment indiqué être également en pourparler avec Boeing, estimant avoir souffert d'un manque à gagner de 6,5 milliards de yens (50 millions d'euros) sur son chiffre d'affaires.

ANA et JAL ont été les deux compagnies les plus touchées par la suspension de l'exploitation et des livraisons des 787, appareils de dernière génération sur l'usage extensif desquels elles ont bâti leur stratégie pour les prochaines années. JAL en a commandé 45 exemplaires et ANA pas moins de 66.

Par ailleurs, au cours de cette assemblée générale, le patron d'ANA a jugé que la rivale JAL bénéficiait indument de faveurs depuis qu'elle a été sauvée de la faillite par l'Etat.

«Je ne peux m'empêcher de dire que nous ne sommes pas dans des circonstances de concurrence loyale», a répondu Shinichi Ito à un actionnaire, selon les propos rapportés par des journalistes sur place.

Et d'ajouter que, du fait de son redressement judiciaire, «JAL bénéficie d'une exemption d'impôts sur les sociétés de 40 à 50 milliards de yens (307 à 385 millions d'euros)».

«Nous demandons au ministre des Transports de corriger cette différence de traitement, notamment lorsqu'il s'agira d'allouer des créneaux de vols supplémentaires comme cela va être le cas prochainement à l'aéroport de Tokyo-Haneda», a expliqué M. Ito.

Japan Airlines (JAL), revenue en Bourse l'année dernière, a fait état de solides bénéfices pour l'exercice comptable achevé le 31 mars dernier.

La compagnie, ex-porte-drapeau national, avait déposé le bilan en janvier 2010, laissant une ardoise de plus de 2.000 milliards de yens (15,5 milliards d'euros actuels), la pire faillite jamais recensée au Japon hors secteur financier.

Malgré cette déconfiture retentissante, JAL avait continué ses opérations grâce au soutien financier public, tout en réduisant drastiquement la voilure pour diminuer ses dépenses.

Elle prétend aujourd'hui avoir des méthodes plus sévères pour gérer finement la rentabilité de chacune de ses activités.