Les commerces des gares vont-ils ouvrir le dimanche?

TRAVAIL Valérie Pécresse a déposé un amendement au projet de loi Hamon sur la consommation. Un sujet sensible qui divise l'opinion...

Bertrand de Volontat

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Illustration d'un TGV SNCF arrivant dans une gare.
Illustration d'un TGV SNCF arrivant dans une gare. — LOIC VENANCE / AFP

La bataille pour le travail dominical n’est pas finie. Valérie Pécresse, présidente du groupe UMP au conseil régional d’Ile-de-France, a déposé un amendement au projet de loi consommation, porté par Benoît Hamon, proposant d’ouvrir les commerces des gares le dimanche.

Cette mesure s’inscrit dans la dynamique de l’ouverture dominicale initiée par la création des zones touristiques et des périmètres d’usage de consommation exceptionnelle (Puce).

«Les gares sont des zones à fort potentiel de consommation»

Le projet ouvrirait surtout la porte à la création d’emplois mieux rémunérés, à en croire Valérie Pécresse. Une affirmation immédiatement réfutée par les syndicats. «C'est faux, il n'y aura pas d'emplois créés», assure Eric Scherrer responsable Seci-CFTC, à 20 Minutes.. «Les étudiants pourront être employés et payés double le dimanche, affirme en retour l’ancienne ministre. Actuellement, certains d’entre eux travaillent la semaine, compromettant leurs études.» Et de poursuivre: «Il n’est évidemment pas question d’obliger quiconque à travailler le dimanche», affirme Valérie Pécresse, rappelant que tout se passe sur la base du volontariat.

Une idée soutenue par le Conseil du commerce de France. «A chaque fois qu’une telle mesure est proposée, nous sommes pour, explique Sofy Mulle, la déléguée générale interrogée par 20 Minutes. Les gares sont des zones à fort potentiel de consommation et il y a aujourd’hui un manque à gagner.»

Et la directrice générale de SNCF Gares et connexions, qui gère les gares, d’aller dans ce sens. «Cela représenterait une augmentation significative du chiffre d’affaires des commerces.» Les estimations tablent sur 30 millions d’euros de revenus annuels encaissés par les 120 plus grandes gares de France grâce au dimanche, s’ajoutant aux 200 millions annuels déjà réalisés.

«Les gares ne sont pas des centres commerciaux»

Il semble toutefois le gouvernement donnera comme consigne aux députés de voter contre l’amendement, le sujet étant hautement sensible. En effet, les syndicats, et notamment Clic-P (intersyndicale du commerce de Paris rassemblant CGT, CFDT, FO, CFTC, SUD et CGC), mènent une lutte sans merci contre les commerces ouvrant le dimanche. «J’espère que l’amendement sera rejeté car il ne correspond à rien, poursuit Eric Scherrer. Les gares ne sont pas des centres commerciaux comme les autres, à quel titre nous les transformerions en zones touristiques?»

Les victimes de cette bataille sont déjà nombreuses: Bricorama, Decathlon et les supérettes ont été condamnés à des amendes pour ouverture abusive et ont dû cesser leur activité dominicale. Sans parler des arrêts du travail après 21h imposés à Sephora, Monoprix, Apple et Uniqlo. En cas de rejet de l’amendement, il restera aux dirigeants de Gares et connexions à convaincre, gare par gare, les maires et préfets de leur accorder une dérogation.