Delpeyrat veut reprendre Spanghero pour y faire du cassoulet

ECONOMIE Le groupe landais veut produire du «cassoulet de Castelnaudary haut de gamme» dans l'usine incriminée dans le scandale de la viande de cheval...

avec AFP

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L'entrée de l'usine Spanghero, à Castelnaudary (Aude).
L'entrée de l'usine Spanghero, à Castelnaudary (Aude). — LANCELOT FREDERIC/SIPA

Delpeyrat, qui ambitionne de reprendre l'activité plats cuisinés de Spanghero, envisage d'y fabriquer du «cassoulet de Castelnaudary haut de gamme», a annoncé son président Thierry Blandinières lors d'une conférence de presse mercredi à Paris. «On est prêt à y investir 2 millions d'euros dans le temps et 1,5 million en besoins de fond de roulement pour relancer l'activité», a-t-il ajouté.

Les salariés de Spanghero ont proposé une offre de reprise avec Delpeyrat, filiale landaise du groupe coopératif Maïsadour, et Deveille, société basée à Feurs (Loire), spécialisée dans la transformation de la viande. Elle prévoit que le premier reprenne les plats cuisinés et second l'activité viande. La reprise permettrait de conserver 100 salariés sur les 240 qu'elle comptait avant le scandale de la viande de cheval: 70 dans le pôle viande et 30 dans les plats cuisinés, précise Thierry Blandinières.

Développer l’activité «plats cuisinés»

Delpeyrat souhaite y produire du cassoulet premium identifié de Castelnaudary sous marque Delpeyrat, un bon moyen pour lui de développer son activité plats cuisinés, pour l'heure modeste. La société pourrait ainsi optimiser la filière en valorisant toutes les parties du canard (manchons...) inutiles pour la fabrication de foie gras, activité principale de l'entreprise. L'usine de Castelnaudary présente un potentiel de production de 12.000 tonnes, selon Thierry Blandinières. Mais il y a une «clause suspensive à notre offre», dit-il. Car Spanghero a encore 11 millions de dettes (crédit bail) et Delpeyrat ne pourra tout prendre en charge. Des discussions sont donc en cours avec les banques pour voir, avant lundi, «quels efforts ils pourront faire», explique Thierry Blandinières.

Le tribunal de commerce de Carcassonne devrait se prononcer mardi sur l'avenir de la société. Par ailleurs, Delpeyrat, qui s'est lancé dans le saumon en mars 2013, est intéressé par la reprise de tout site industriel produisant du saumon en France afin d'augmenter ses capacités de production, a annoncé son président. Laurent Spanghero, ancien propriétaire de l'entreprise, a lui aussi déposé une offre concurrente, qui associe un promoteur immobilier narbonnais, Jacques Blanc et investeam. Il reprendrait les deux activités de l'usine mais dans des dimensions réduites, et y ajouterait une gamme végétale, en préservant une centaine d'emplois. L'entreprise abandonnerait un nom devenu difficile à porter et deviendrait «Usines nouvelles de Castelnaudary».