Spanghero: des salariés bloquent à nouveau des sites Lur Berri

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Les deux projets de reprise de la société Spanghero à Castelnaudary dans l'Aude, menacée de disparaître à cause du scandale de la viande de cheval, seront examinés vendredi lors d'un comité d'entreprise, quelques jours avant une audience cruciale devant le tribunal de commerce de Carcassonne.
Les deux projets de reprise de la société Spanghero à Castelnaudary dans l'Aude, menacée de disparaître à cause du scandale de la viande de cheval, seront examinés vendredi lors d'un comité d'entreprise, quelques jours avant une audience cruciale devant le tribunal de commerce de Carcassonne. — Eric Cabanis AFP

Une trentaine de salariés de l’usine Spanghero de Castelnaudary (Aude) ont bloqué mardi matin l’entrée des camions de deux sites appartenant à leur maison mère, Lur Berri, à Cames (Pyrénées-Atlantiques), afin de négocier de meilleures conditions de licenciement, a constaté une correspondante de l'AFP.

A une semaine de l'étude, le 2 juillet par le tribunal de commerce de Carcassonne, de deux offres de reprise de Spanghero, qui avait été au centre du scandale de la viande de cheval, c'est la troisième action en un mois que mènent les salariés contre des sociétés appartenant à Lur Berri.

«Nous n’avons plus espoir dans les dirigeants de Lur Berri, nous voulons les harceler, leur montrer notre détermination avant de saisir les Prud’hommes», a indiqué à une correspondante de l’AFP Michel Secomandi, porte-parole du collectif des salariés.

Les manifestants, qui bloquaient les entrées dès 06H15, ont été délogés par les gendarmes mobiles peu après 10H30. «Ils nous ont écarté et ont formé un cordon pour permettre aux camions d'entrer et sortir», a expliqué M. Secomandi, qui a ajouté que les salariés n'entendaient pas quitter les lieux.

Le bras de fer que disputent les salariés porte sur les négociations salariales.

Lur Berri propose une indemnité forfaitaire supra-légale de 2.000 euros quelle que soit l'ancienneté des 230 salariés alors que ces derniers revendiquent 1.000 euros par année de présence. Ils demandent également une prise en charge totale de leur mutuelle durant un an alors que Lur Berri ne veut supporter que la part patronale.

«Ils font le minimum légal, au niveau moral c’est insultant», a lâché M. Secomandi. «C'est la dernière chance pour les dirigeants de venir négocier avec nous», a-t-il dit avant de menacer de «saisir les Prud'hommes».

La première offre de reprise émane des salariés avec l’appui de deux entreprises de la filière alimentaire Delpeyrat et Deveille, et la seconde est portée par Laurent Spanghero, fondateur de l’entreprise, éponyme.

Spanghero, qui comptait 240 salariés avant d'apparaître comme un acteur majeur du scandale de la viande de cheval, pourrait conserver environ 60 salariés dans la transformation de la viande et 25 dans les plats cuisinés.

C'est un peu moins que les 100 emplois qu'envisage de sauvegarder Laurent Spanghero dans son offre de reprise.

Laurent Spanghero avait fondé avec son frère l'entreprise éponyme avant de la céder à la coopérative basque Lur Berri en 2009.