Polémique UE-France: Lamy renvoie dos à dos Barroso et Montebourg

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Le directeur de l'OMC, le Français Pascal Lamy, a estimé mardi que le président de la Commission européenne José Manuel Barroso et le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg, au centre d'une polémique sur les causes de la poussée du Front national en France, "exagèrent" l'un comme l'autre dans leurs invectives.
Le directeur de l'OMC, le Français Pascal Lamy, a estimé mardi que le président de la Commission européenne José Manuel Barroso et le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg, au centre d'une polémique sur les causes de la poussée du Front national en France, "exagèrent" l'un comme l'autre dans leurs invectives. — John Thys AFP

Le directeur de l'OMC, le Français Pascal Lamy, a estimé mardi que le président de la Commission européenne José Manuel Barroso et le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg, au centre d'une polémique sur les causes de la poussée du Front national, «exagèrent» l'un comme l'autre dans leurs invectives.

«Je pense qu'il s'agit d'une polémique un peu simpliste comme toutes les polémiques de part et d'autre», a jugé sur Europe 1 M. Lamy. «Je crois que M. Barroso exagère quand il qualifie les partisans de l'exception culturelle de réactionnaires. Je crois aussi que M. Montebourg exagère quand il diabolise la mondialisation en l'accusant de toutes les difficultés de l'économie française».

Pour lui, la mondialisation «a ses bons et ses mauvais côtés. Ce n'est pas tout bon, ce n'est pas tout mauvais. Certains pays, certaines activités utilisent fort bien la mondialisation», a-t-il argumenté.

Il a ensuite répété ses critiques acerbes sur le concept de démondialisation, dont M. Montebourg est le chantre.

«Je pense que la thèse de la démondialisation est une thèse réactionnaire comme toutes les thèses qui appellent vers un retour vers le passé. C'est une attitude passéiste. Ce qui compte ce n'est pas le passé c'est l'avenir», a fustigé le directeur sortant de l'Organisation mondiale du commerce, proche du Parti socialiste.

M. Montebourg a lancé les hostilités dimanche en accusant M. Barroso d'être «le carburant du Front national» pour avoir récemment qualifié la position française sur l'exception culturelle de «réactionnaire».

La riposte ne s'est pas fait attendre, le président de la Commission affirmant lundi que «certains souverainistes de gauche ont le même discours que l'extrême droite».

Se disant sur «le ton de la camaraderie», le ministre de l'Economie Pierre Moscovici a taclé son collègue Montebourg. «Je souhaite que l'on soit capable d'avoir un dialogue dans le lequel on respecte les institutions européennes, un dialogue constructif pour réorienter l'Europe et demander que la Commission européenne respecte la sensibilité des nations», a-t-il déclaré sur RTL.