Aviation: ANA et AirAsia mettent fin à leur alliance

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Les transporteurs aériens japonais ANA et malaisien AirAsia ont décidé mardi de mettre fin à leur filiale commune au Japon, en raison de disputes sur l'art et la manière de gérer une compagnie à bas coûts.
Les transporteurs aériens japonais ANA et malaisien AirAsia ont décidé mardi de mettre fin à leur filiale commune au Japon, en raison de disputes sur l'art et la manière de gérer une compagnie à bas coûts. — Laurent Fievet AFP

Les transporteurs aériens japonais ANA et malaisien AirAsia ont décidé mardi de mettre fin à leur filiale commune au Japon, en raison de disputes sur l'art et la manière de gérer une compagnie à bas coûts.

Pour acter ce divorce dû à de flagrantes divergences de vue, AirAsia va céder à ANA les 49% du capital qu'il détient dans la société conjointe appelée AirAsia Japan.

Cette jeune compagnie, qui propose des vols depuis mi-2012, continuera ses activités sous la seule conduite d'ANA, en conservant jusqu'à la fin du mois d'octobre la marque AirAsia.

Mais elle devra rendre les avions loués par la maison-mère malaisienne d'ici au 1er novembre et trouver un autre nom ensuite, a prévenu le partenaire malaisien qui explique l'échec sans embages.

«La coentreprise a dû faire face à de nombreux défis depuis son lancement. Les soucis découlent d'une différence d'opinion fondamentale entre les actionnaires sur la façon dont l'entreprise devrait être gérée et sur les principes sur lesquels devraient reposer ses activités commerciales», assure la compagnie malaisienne.

AirAsia, qui emploie 420 personnes dont le travail n'est pas menacé selon ANA, a fini son premier exercice sur une perte opérationnelle de 3,5 milliards de yens (27 millions d'euros), ce qui déplaît au groupe malaisien.

«J'ai beaucoup de respect pour ANA en tant que grande compagnie japonaise, mais il est temps pour nous de se séparer et de concentrer notre attention sur ce que nous faisons le mieux, à savoir piloter une véritable compagnie à bas coûts», a déclaré le patron d'AirAsia, Tony Fernandes, cité dans un communiqué émis par son groupe.

«Nous n'avons pas abandonné le rêve de changer le transport aérien au Japon et j'ai hâte de retourner sur ce marché», a-t-il prévenu.

AirAsia serait déjà à la recherche d'autres partenaires dans l'archipel, selon la presse japonaise. Le groupe ne peut s'installer seul sur le sol nippon en raison des lois qui interdisent à à une société étrangère de posséder plus d'un tiers d'une compagnie aérienne siégeant au Japon et y effectuant des vols intérieurs. En attendant, la compagnie-mère AirAsia X continuera de faire voler des avions longs-courriers à destination de l'archipel.

«Nous pensons qu'il y a une limite à la stratégie de simplement transposer le fonctionnement d'AirAsia tel quel au Japon, du fait des caractéristiques propres au marché nippon», a répliqué lors d'une conférence de presse à Tokyo Shinzo Shimizu, directeur général adjoint d'ANA Holdings.

«Nous avons donc décidé de reprendre les commandes à 100% pour un nouveau départ qui contribuera à notre groupe dans son ensemble», a-t-il ajouté. Et d'indiquer: «nous annoncerons d'ici à fin juillet le nom et les types avions choisis ainsi que les liaisons que nous effectuerons. Nous sommes prêts à mettre en place une compagnie adaptée au marché japonais.»

AirAsia Japan propose pour le moment cinq lignes intérieures et trois internationales à partir de l'aéroport de Tokyo-Narita, à une soixantaine de kilomètres du centre de la capitale. Las, jusqu'à présent, ses appareils, des Airbus A-320, ne sont qu'à moitié remplis.

Selon M. Shimizu, les clients nippons ne se satisfont pas d'un site internet pour acheter leurs billets. Cela rebute certains voyageurs qui ont encore souvent l'habitude de s'adresser à des agences de voyage ayant pignon sur rue.

Le groupe AirAsia considère, lui, que la recette du bas-coût est à ce prix et que ce qui a fonctionné ailleurs doit aussi réussir au Japon.

Les sociétés ANA et AirAsia s'étaient entendues en 2011 pour partir à l'aventure ensemble, arguant qu'au Japon, «le marché de l'aviation est en pleine transformation, avec notamment l'expansion des accords dits de ciel ouvert, une concurrence accrue et l'extension des capacités aéroportuaires».

La réflexion était identique du côté de la rivale Japan Airlines (JAL) qui a aussi constitué avec JetStar, filiale à bas coûts du groupe australien Qantas, une compagnie peu chère.

Ce n'est pas tout: outre sa compagnie principale, ANA s'occupe non seulement d'AirAsia Japan mais aussi d'une autre jeune entité à bas coûts, Peach aviation, basée dans l'ouest du Japon, en partenariat avec un groupe financier de Hong Kong. ANA pourrait donc songer à rapprocher Peach et ce qu'il restera d'AirAsia Japan. «Rien de tel n'est décidé à ce jour», s'est toutefois borné à répondre M. Shimizu.