Le déficit de l'Etat devrait être plus grave que prévu, s’alarme l'opposition

POLITIQUE Selon le président de la Commission des finances de l’Assemblée, «le déficit public pourrait dépasser 4% du PIB en 2013»...

E.O. avec AFP

— 

Illustration billets de banque.
Illustration billets de banque. — A. GELEBART / 20 MINUTES

Le déficit de l'Etat devrait dépasser les 80 milliards d'euros en fin d'année, au lieu des 61,6 milliards prévus par la loi de finance, ont calculé les députés UMP et UDI dans un rapport qui devait être rendu public ce mardi et révélé lundi soir par lefigaro.fr.

«Notre pays est drogué à la dépense», estime dans une interview au site du quotidien Gilles Carrez, le président de la Commission des finances de l’Assemblée. «Le déficit public pourrait dépasser 4% du PIB en 2013, au lieu des 3% prévus à l'origine», poursuit-t-il, se disant «inquiet pour la suite».

«La masse salariale de l'État dérive de 1,3 milliard par an»

Dans le rapport, les députés de droite estiment également que les moins-values fiscales atteindront environ 15 milliards d'euros, notamment du fait de recettes de TVA «particulièrement fragiles», selon Gilles Carrez.

Par ailleurs, les parlementaires «estiment impossible que les recettes d'impôt sur le revenu progressent de 20% en 2013, comme le prétend Bercy», poursuit lefigaro.fr. «Les députés de droite s'inquiètent également de la fin du non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite et de la stabilisation des effectifs promis par François Hollande. Car, sans suppression globale de postes, la masse salariale de l'État dérive de 1,3 milliard par an, malgré l'absence d'augmentation générale», ajoute le site.

Moscovici dénonce un «mensonge»

Gilles Carrez préconise ainsi le retour de la règle du non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux, et son élargissement aux collectivités locales. «Il faut aussi s'attaquer au millefeuille territorial», estime-t-il car «il est désolant que le gouvernement rétablisse  la clause générale de compétence pour les départements et les régions et qu'il ait supprimé la fusion des conseillers généraux et régionaux». «Ce texte est un nid à dépenses nouvelles!», juge-t-il.

Pierre Moscovici a qualifié ce mardi de «mensonge» ces calculs. «Là où il y un énorme mensonge de la part de la droite, c'est sur le fait que contrairement à eux nous tenons les dépenses», a affirmé le ministre de l'Economie sur RTL. «La dépense de l'Etat a été maîtrisée en 2012 et elle sera maîtrisée en 2013», a-t-il assuré.