Au Bourget, la consécration d'une PME de l'aéronautique

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Sébastien Lefebvre, 32 ans, qui se voyait créateur d'automobiles, a remporté au salon du Bourget un contrat de 13 millions d'euros pour livrer à Dubai un avion de surveillance révolutionnaire.
Sébastien Lefebvre, 32 ans, qui se voyait créateur d'automobiles, a remporté au salon du Bourget un contrat de 13 millions d'euros pour livrer à Dubai un avion de surveillance révolutionnaire. — Eric Piermont AFP

Sébastien Lefebvre, 32 ans, qui se voyait créateur d'automobiles, a remporté au salon du Bourget un contrat de 13 millions d'euros pour livrer à Dubai un avion de surveillance révolutionnaire.

Dix de ses appareils LH-10 Ellipse ont été commandés jeudi par Jet Energy, une société de service basée à Dubai pour un total de 13 millions d'euros au prix catalogue.

Ils permettront de surveiller les pipelines, les plate-formes pétrolières et les boutres qui font la contrebande entre l'Iran et les Emirats Arabes Unis, a expliqué Eric Dargelos, directeur commercial de LH Aviation, une PME basée à Melun (Seine-et-Marne).

Sébastien Lefebvre a créé sa société à 23 ans, en 2004, pour concevoir un petit avion différent par son design et par ses performances de ce qui existait pour les pilotes privés.

En 2007, le jeune PDG présente son prototype au salon du Bourget : l'hélice est placée derrière la queue de ce biplace en matériaux composites, au fuselage court et ramassé. Le poste de pilotage, en avant et en surplomb des ailes, offre un champ de vision à 300 degrés.

Quelques semaines plus tard, en septembre 2007, il est aux commandes du premier vol.

Les vols de démonstration de l'Ellipse sont devenus un classique du salon du Bourget, qui se tient jusqu'à dimanche au nord de Paris. L'avion a été commandé pour la première fois en 2010 par le Bénin, qui a pris livraison du premier exemplaire fin 2012 et attend le second en septembre prochain.

«Pas juste un projet d'étudiant»

«Cette victoire, dit Sébastien Lefebvre, montre que LH est en train de mûrir, que ce n'était pas juste un projet d'étudiant. Elle a été un soulagement, pour moi et pour les partenaires qui sont montés à bord du projet».

Ce projet a évolué, comme l'étudiant qui, en classe de «prépa», voulait «concevoir, fabriquer et commercialiser une voiture de course». Des rencontres avec des professionnels de l'aéronautique l'ont fait changer d'orientation.

L'Ellipse était conçu pour l'aviation privée, il a éveillé l'intérêt des secteurs de la surveillance et des militaires. Un fond d'investissement, Magellan Industries, est entré au capital.

Aujourd'hui, l'Ellipse est présenté comme une plate-forme modulaire, qui s'adapte aux missions civiles et militaires avec les différents systèmes dont il peut être équipé, caméras jour-nuit, roquettes, systèmes de transmission embarqués.

La prochaine étape pour l'entreprise - passée en deux ans de quinze à 60 employés ? «Livrer dans les délais», répond le jeune ingénieur. Mais il travaille sur un programme militaire d'Ellipse à assembler, monté et opérationnel en une heure et transportable en container.

Sébastien Lefebvre est convaincu aussi que sa création est un produit pour la sécurité civile, notamment «la surveillance des feux de forêts, assurée jusqu'ici surtout par des avions d'aéroclub, qui ne sont pas équipés pour ça».

Les drones sont présentés comme adaptés pour ce type de mission. Le LH-10, répond son inventeur, prend le contre-pied du drone, qui est coûteux et difficile à opérer à proximité des aéroports.

«Il peut assurer 80% des missions pour 20% des coûts». C'est en tout cas l'argument de vente de ce constructeur «100% français» face aux drones et à ses concurrents allemand, autrichien, italien ou coréen.