Réforme des retraites : Pourquoi la concertation du gouvernement s’annonce très tendue

SOCIAL Tout semble opposer les partenaires sociaux après le rapport Moreau...

M.B. avec AFP

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Le 25 avril 2013. Jean-Marc Ayrault en interview a Matignon
Le 25 avril 2013. Jean-Marc Ayrault en interview a Matignon — V. WARTNER / 20 MINUTES

Une concertation explosive. Juste après «la grande conférence sociale» qui a suscité la déception des syndicats sur l’absence de mesures fortes afin d'enrayer la flambée du chômage, le gouvernement va lancer à partir du 4 juillet ses réunions sur la future réforme des retraites. Problème: les partenaires sociaux rejettent déjà nombre de pistes du rapport Moreau censées inspirer le projet de loi du gouvernement attendu en septembre.

Hollande privilégie le travailler plus...

L'allongement de la durée de cotisation, actuellement de 41,5 ans, semble la mesure principale privilégiée par le gouvernement, comme l'a confirmé le président François Hollande jeudi à l'ouverture de la deuxième conférence sociale. Il s'appliquerait à tous, agents du public (fonctionnaires et régimes spéciaux), comme salariés du privé, ce qui permettrait au gouvernement de dire que tous les actifs ont été mis à contribution.

Quelques syndicats, dont la CFDT et la CFTC, ne rejettent pas cette mesure mais l'assortissent de conditions et souhaitent qu'on n'aille pas jusqu'à 44 ans, comme le suggère l'un des scénarios de la Commission pour l'avenir des retraites présidée par Yannick Moreau. En revanche, la CGT et Force Ouvrière ne veulent pas en entendre parler, Jean-Claude Mailly, le dirigeant de FO parlant de «ligne rouge» à ne pas franchir.

...mais écarte la baisse des pensions

Quant au patronat, la présidente du Medef Laurence Parisot, qui passera le relais en juillet à Pierre Gattaz, a répété qu'il ne suffisait pas d'allonger la durée de cotisation, si on ne reculait pas parallèlement l'âge légal de départ. Le Medef veut repousser l'âge -fixé à 62 ans d'ici 2017 par la réforme Sarkozy de 2010 - à 63 ans d'ici 2020 et 65 ans d'ici 2040. «Sinon on va vers une chute du niveau des pensions», a estimé la patronne des patrons. François Hollande a exclu cette piste.

Au cours de la table ronde consacrée aux retraites, elle s'est déclarée «consternée» par les positions des syndicats qui confinent au «déni de la gravité» de la situation économique de la France. Si rien n’est fait, le déficit des régimes de retraites atteindra 20 milliards d’euros en 2020.