Chômage: L'objectif de Hollande ne devrait pas être atteint en 2013, selon l'Insee

EMPLOI La courbe du chômage ne devrait pas s'inverser et, au contraire, elle devrait atteindre 10,7% en métropole fin 2013...

avec AFP

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Une agence de pôle emploi à Paris.
Une agence de pôle emploi à Paris. — A. GELEBART / 20 MINUTES

Le chômage devrait continuer de grimper fin 2013 pour atteindre 10,7% en métropole, très proche du record historique, selon les chiffres publiés jeudi par l'Insee qui mettent à mal l'objectif du président François Hollande d'inverser la courbe d'ici décembre.

Pour la France entière (Départements d'Outre-mer compris), le taux atteindrait 11,1% au dernier trimestre, précise l'Insee. Le taux record en France - 10,8% en métropole - a été atteint en 1994 et 1997 (11,2% avec les Dom en 1997). Le taux de chômage, mesuré par l'Insee selon les normes du Bureau international du travail, croît depuis sept trimestres. Il était à 10,4% (10,8 avec les Dom) au premier trimestre.

Deux raisons à l'augmentation du chômage

Depuis septembre, François Hollande table sur une inversion de la courbe du chômage pour fin 2013. Encore jeudi, lors du lancement à Paris de la «grande conférence sociale», il a «réaffirmé (sa) volonté» d'«inverser durablement la courbe du chômage à la fin de l'année». Michel Sapin, le ministre du Travail, a de son côté insisté sur le fait que les chiffres de l'Insee «sont des prévisions trimestrielles»: «Ça veut dire que la situation en début de trimestre n'est pas forcément la même qu'à la fin, d'ailleurs entre les deux il y a ce qu'on appelle l'inversion de la courbe du chômage.»

L'Insee, dont les prévisions ne vont pas au-delà de la fin d'année, n'entrevoit pas d'inversion de tendance fin 2013 pour deux raisons: la France devrait continuer de détruire plus d'emplois qu'elle n'en crée et la croissance de la population active est «toujours dynamique» ( 137.000 nouvelles personnes sur le marché cette année). L'augmentation continuerait, mais «à un rythme ralenti», à raison d'un dixième par trimestre, souligne cependant l'Insee.

La bonne surprise du premier trimestre oubliée

Ce ralentissement tiendrait essentiellement «à une montée en charge des emplois aidés» (en partie subventionnés, dont les emplois d'avenir) qui permettrait à l'emploi non marchand de se redresser ( 85.000 créations nettes d'emplois sur l'année, dont 71.000 au second semestre), explique Cédric Audenis, chef du département de la conjoncture. Cette hausse dans le non marchand viendrait ainsi largement atténuer les destructions toujours très fortes dans les secteurs marchands non agricoles, que l'Insee anticipe pires en 2013 (113.000 destructions prévues, après 92.000 en 2012).

Ces secteurs privés, coeur de l'économie, vont continuer de pâtir de la crise. Au premier trimestre, l'institut avait mesuré une bonne «surprise» de seulement 8.000 destructions, une tendance qui ne devrait pas durer: l'Insee prévoit un solde négatif de 30.000 emplois au deuxième trimestre et 76.000 au second semestre.