Bourse: la Fnac trébuche pour son premier jour de cotation

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La Fnac a vécu une journée difficile et dévissé de près de 14% pour ses premiers pas indépendants à la Bourse de Paris jeudi, les investisseurs se montrant réservés sur son profil, largement concurrencé par l'internet et essentiellement tourné vers la France.
La Fnac a vécu une journée difficile et dévissé de près de 14% pour ses premiers pas indépendants à la Bourse de Paris jeudi, les investisseurs se montrant réservés sur son profil, largement concurrencé par l'internet et essentiellement tourné vers la France. — Olivier Morin AFP

La Fnac a vécu une journée difficile et dévissé de près de 14% pour ses premiers pas indépendants à la Bourse de Paris jeudi, les investisseurs se montrant réservés sur son profil, largement concurrencé par l'internet et essentiellement tourné vers la France.

A la clôture du marché parisien, le cours du distributeur de produits culturels a perdu 13,64% à 19,00 euros dans un marché en repli de 3,66%. Le cours de référence avait été fixé à 22 euros.

Groupe Fnac est né d'une scission de Kering et les actionnaires actuels de Kering (ex-PPR) se sont retrouvés automatiquement actionnaires de Groupe Fnac, puisqu'ils ont reçu une action du nouveau groupe pour chaque bloc de huit titres détenus dans Kering.

La Fnac, «agitateur de curiosité» comme l'enseigne se définissait encore récemment, fait face à une double problématique qui pèse sur son titre.

D'une part, peu de gestionnaires sont attirés par une entreprise qui vend des produits culturels et est confrontée à une concurrence féroce de l'e-commerce, dont le géant Amazon.

D'autre part, les gérants qui se sont retrouvés automatiquement détenteurs de titres s'en séparent, leur stratégie ne correspondant pas au profil de la Fnac, explique-t-on dans les salles de marché. «Le flowback (vente massive de titres immédiatement après une opération de placement, NDLR) était donc inévitable», souligne un connaisseur du dossier.

Les gérants actionnaires de groupes de luxe, dont les cibles d'investissement se concentrent dans les pays émergents, peuvent être légitimement réservés à investir dans une entreprise qui évolue majoritairement en France, dans une économie en crise.

Enfin ponctuellement, la Fnac a joué de malchance en faisant ses premiers pas, ce jeudi, jour où la conjoncture boursière est particulièrement défavorable avec une cote parisienne en très net recul.

«La baisse du cours n'est donc pas surprenante», soulignait Jérôme Vinerier, analyste chez Andlil pour qui la Fnac a «un business model qui ne fait pas rêver».

Le flux vendeur sur ce titre, qui va être pour des raisons techniques la 41e valeur de l'indice phare parisien pendant deux séances, n'est pas compensé par un courant acheteur. Les gérants, potentiellement intéressés, attendent de voir l'évolution de l'enteprise et la fiabilité de sa nouvelle stratégie commerciale, indiquent les intervenants.

«Les scissions ou spin-off mettent de manière générale du temps à être acceptées par le marché», souligne un analyste qui a requis l'anonymat. «Les premières cotations sont peu représentatives de l'évolution prochaine du cours», indique-t-il.

Le spécialiste du «hard discount» Dia, issu d'une scission d'avec Carrefour, et l'émetteur de titres prépayés Edenred, issu de la scission d'avec Accor «avaient également eu des premiers moments difficiles», a-t-il rappelé.

«Le dossier Fnac est certes difficile mais pas totalement sombre», tempère David Da Maia, analyste spécialisé dans le secteur du luxe chez le courtier Aurel BGC.

La faible valorisation du titre peut être séduisante et attirer certains gérants de valeurs de moyenne capitalisation qui font le pari de la pérennité de ce type de commerce, souligne-t-il. «Et puis il faut du temps pour que l'action se stabilise et change de mains», fait-il aussi remarquer.

Le pari sera toutefois dur à gagner. L'enseigne fait face à un bouleversement de ses marchés provoqué par la montée en puissance du commerce en ligne, comme en témoigne la liquidation de l'enseigne concurrente Virgin prononcée lundi.

Artemis, holding de la famille Pinault qui contrôle Kering, s'est engagé à conserver 39% de ses parts dans la Fnac les deux premières années et au moins 25% la troisième.

La Fnac, acronyme de «Fédération nationale d'achats des cadres», fondée en 1954, se targue d'avoir «un plan stratégique qui commence à porter ses fruits» et qui lui permet de gagner des marchés, jugeant avoir pris avec succès le virage de l'e-commerce.