Saur: Séché rend les armes et cède sa participation aux banques

© 2013 AFP

— 

Le groupe de gestion des déchets Séché Environnement a renoncé jeudi à son offre de reprise du numéro trois français de la distribution d'eau Saur, levant à l'amiable un des derniers obstacles à la victoire finale des banques créancières.
Le groupe de gestion des déchets Séché Environnement a renoncé jeudi à son offre de reprise du numéro trois français de la distribution d'eau Saur, levant à l'amiable un des derniers obstacles à la victoire finale des banques créancières. — Philippe Huguen AFP

Le groupe de gestion des déchets Séché Environnement a renoncé jeudi à son offre de reprise du numéro trois français de la distribution d'eau Saur, levant à l'amiable un des derniers obstacles à la victoire finale des banques créancières.

Le groupe dirigé par Joël Séché, actuel deuxième actionnaire de Hime, la holding de contrôle de la Saur, est prêt à céder pour «un prix symbolique» sa participation de 33% acquise en 2007, a-t-il annoncé.

«Poursuivant sa démarche constructive dans l'intérêt de Saur et de ses salariés, Séché Environnement a décidé de céder pour un prix symbolique la totalité des actions et des obligations convertibles Hime au consortium bancaire dans le cadre d'une solution amiable qui doit être approuvée par toutes les parties», indique l'entreprise basée en Mayenne dans un communiqué.

Ce retrait de Séché dans la course à la reprise est un nouveau grand pas pour la reprise de la Saur et de ses quelque 12.000 employés par un groupe de banques mené par BNP Paribas et Natixis, le CoCom, qui doit être finalisé d'ici fin juin.

L'équation est connue: la holding de contrôle de la Saur, Hime, est lourdement endettée (environ 1,7 milliard d'euros) et menace la viabilité de l'entreprise, ce qui a nécessité une procédure de conciliation --qui s'achève le 30 juin-- pour que les banques renoncent à une partie de leurs créances.

Dans le cadre de cette procédure, les banques ont présenté une offre de reprise, qui a rapidement pris de l'avance sur trois offres rivales: celle de Séché et celle du fonds Cube, tous deux déjà actionnaires, ainsi que celle de l'homme d'affaires Jacques Veyrat.

Les banques se sont mises d'accord la semaine dernière sur une dernière offre ramenant la dette à 900 millions d'euros (voire 750 millions d'euros si la Saur ne se redresse pas), un vote formel d'adhésion étant prévu vendredi.

Mais le feu vert unanime des actionnaires actuels est aussi impératif.

Cube, la dernière clé?

Or, selon des sources proches du dossier, deux autres des quatre détenteurs de l'entreprise, le Fonds Stratégique d'Investissement (38%) contrôlé par l'Etat et Axa Private Equity (17%) sont également disposés à un accord amiable.

Séché hors course, ne resterait donc qu'à obtenir le retrait de Cube (12% du capital) pour lever le dernier obstacle.

Sollicité par l'AFP, le fonds spécialisé dans les infrastructures s'est refusé à tout commentaire. Mais l'heure tourne: passé le 30 juin, Hime-Saur s'expose à un redressement judiciaire, une issue qui n'est dans l'intérêt de personne.

Le retrait de Séché est aussi une déception pour les syndicats, qui y voyaient la seule solution industrielle de long terme. Depuis 2007, Séché rêvait de former un nouveau géant de l'eau et des déchets, aux épaules suffisamment larges pour concurrencer Veolia et Suez Environnement.

Séché précise jeudi avoir aussi tenté «sans succès, de s'insérer en minoritaire dans l'offre des banques dans le but de conforter le développement industriel de Saur». Mais cette option ayant également échoué, le spécialiste des déchets a finalement choisi de rendre les armes face à l'offre des banques.

Ces dernières, soucieuses de donner un visage industriel à leur offre, ont déjà choisi Jean-Pierre Rodier, ex-PDG du fabricant d'aluminium Pechiney et industriel pur jus, pour diriger le conseil de surveillance de la Saur s'ils l'emportent. La direction opérationnelle resterait entre les mains de l'actuel dirigeant de la Saur, Olivier Brousse.