Spanghero: deux industriels renforcent le projet de reprise des salariés

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Les salariés de Spanghero, appuyés par les entreprises Delpeyrat et Deveille, vont déposer une offre de reprise de leur société de transformation de viande et de plats cuisinés placée en liquidation judiciaire, a annoncé jeudi le ministre de l'Agroalimentaire Guillaume Garot.
Les salariés de Spanghero, appuyés par les entreprises Delpeyrat et Deveille, vont déposer une offre de reprise de leur société de transformation de viande et de plats cuisinés placée en liquidation judiciaire, a annoncé jeudi le ministre de l'Agroalimentaire Guillaume Garot. — Martin Bureau AFP

Les salariés de Spanghero, appuyés par les entreprises Delpeyrat et Deveille, vont déposer une offre de reprise de leur société de transformation de viande et de plats cuisinés placée en liquidation judiciaire, a annoncé jeudi le ministre de l'Agroalimentaire Guillaume Garot.

«L'offre des salariés annoncée il y a maintenant quelques semaines sera demain améliorée grâce à l'appui de deux entreprises de la filière alimentaire, Delpeyrat et Deveille», a déclaré le ministre sur BFM.

Laurent Spanghero, fondateur avec son frère de l'entreprise éponyme avant de la céder à la coopérative basque Lur Berri en 2009, va lui aussi déposer une offre concurrente de reprise.

L'administrateur judiciaire avait fixé au 21 juin la date limite de dépôt des dossiers de reprise.

Ces deux offres seront présentées lors d'un comité d'entreprise organisé dans le courant de la semaine prochaine, selon le secrétaire du CE Jérôme Lagarde (FO).

Elles feront ensuite l'objet d'une audience le 2 juillet devant le tribunal de commerce de Carcassonne (Aude) qui devra trancher.

Interrogé sur sa préférence, le ministre a assuré que lui-même «n'avait pas à choisir».

Le nouveau projet des salariés, estime M. Garot, doit «permettre de retrouver de vraies perspectives économiques pour cette entreprise».

La société Spanghero, basée à Castelnaudary (Aude), a brutalement sombré après avoir été désignée par le gouvernement à la mi-février comme un acteur majeur du scandale européen de la viande de cheval frauduleusement vendue comme du boeuf.

Elle a été placée en liquidation judiciaire en avril avec maintien de l'activité pendant trois mois jusqu'en juillet, le temps peut-être de trouver un repreneur. Un plan social est en route pour les 230 salariés de l'entreprise qui ont multiplié les opérations de sensibilisation depuis le début du mois de juin.

«L'Etat a veillé à accompagner les acteurs concernés», a insisté M. Garot. «Nous avons mis tous les moyens pour faire en sorte qu'au final les offres présentées préservent un maximum d'emplois et préservent l'outil industriel dans le sud-ouest de la France».

«Ma responsabilité, c'était de faire en sorte que les offres présentées soient de bonne qualité et qu'elles soient, dans l'un et l'autre cas, des offres solides, robustes, durables.. C'est ça qui compte».

Il a assuré avoir «répondu à toutes les sollicitations d'où qu'elles viennent, de Laurent Spanghero comme des salariés».

Le projet de Laurent Spanghero, qui associe un promoteur immobilier narbonnais, Jacques Blanc, préserverait une centaine d'emplois. Il reprendrait les activités de l'usine (transformation de viande, plats préparés), mais dans des dimensions réduites, et y ajouterait une gamme végétale. L'entreprise abandonnerait un nom devenu difficile à porter et deviendrait «Usines nouvelles de Castelnaudary».

Celui des salariés vise également à préserver une centaine d'emplois répartis également sur les deux activités traditionnelles du site.

La société Deveille, installée dans le département de la Loire, est spécialisée dans l'abattage et la transformation de la viande. Delpeyrat, située dans les Landes, commercialise notamment du foie gras et des plats cuisinés.