Hollande: 10% de chômage, «un gâchis pour l'économie»

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Pendant sa campagne, François Hollande s'était engagé à ne pas reculer davantage l'âge légal de départ à la retraite, fixé depuis la réforme de 2010 à 62 ans.
Pendant sa campagne, François Hollande s'était engagé à ne pas reculer davantage l'âge légal de départ à la retraite, fixé depuis la réforme de 2010 à 62 ans. — Philippe Wojazer Pool

Le président François Hollande a estimé jeudi que «plus de 10% de la population active privée d'emploi» constituait un «gâchis pour l'économie», réaffirmant son objectif d'«inverser durablement la courbe du chômage à la fin de l'année».

«Si je ne devais retenir qu'un seul enjeu, c'est celui de l'emploi, c'est un défi qui nous concerne tous. Plus de 10% de la population active privée d'emploi, trois millions de demandeurs (d'emploi), cinq millions si on inclut toutes les catégories, c'est un gâchis pour l'économie», a-t-il dit en donnant le coup d'envoi de la deuxième conférence sociale de son quinquennat.

«Quand il n'y a pas de croissance, il n'y a pas de création suffisante d'emplois» et «le chômage, qui progresse depuis cinq ans, va continuer hélas à progresser jusqu'à la fin d'année», a convenu le président.

Mais il y a des «signes de reprise économique, en France et en Europe», a-t-il relevé. «Je veux ici réaffirmer ma volonté et aussi vous dire ma conviction» sur la possibilité d'«inverser durablement la courbe du chômage à la fin de l'année», a-t-il ajouté.

Pour réussir, le président a demandé aux collectivités, entreprises et partenaires sociaux de s'impliquer plus fortement dans les deux dispositifs lancés pour les jeunes (emplois d'avenir et contrats de génération).

«Nous devons accélérer la montée en charge» des emplois d'avenir (contrats en partie subventionnés pour les jeunes peu ou pas qualifiés) dont 33.000 auront été signés «à la fin du mois de juin» sur un objectif de 100.000 d'ici la fin d'année, a-t-il dit en lançant un «appel de plus» aux collectivités locales et associations.

Le président a rappelé qu'il avait «demandé au ministre du Travail de faire plein usage de toutes les souplesses prévues par la loi», pour embaucher y compris des jeunes diplômés dans les quartiers en difficultés et autoriser davantage d'emplois d'avenir dans les secteurs privés.

Le contrat de génération (aide de 4.000 euros par an pour l'embauche d'un jeune et le maintien en emploi d'un senior, dans les entreprises de moins de 300 salariés) «est un indéniable succès dans les petites entreprises» où «aujourd'hui il y a 1.000 contrats signés par semaine», s'est félicité le président.

Mais dans les entreprises de 50 à 300 personnes, où une négociation est nécessaire, une seule branche (assurances) a signé un accord, et «je demande aux entreprises concernées d'engager au plus vite toutes les discussions branche par branche, entreprise par entreprise pour favoriser le déploiement de ces contrats», a-t-il lancé en rappelant son objectif de «75.000 d'ici mars prochain».