La Fnac s'effondre pour son premier jour en Bourse

BOURSE L'enseigne de distribution de biens culturels a chuté de 13,64% ce jeudi après son introduction en bourse...

C.P. avec AFP

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Le magasin Fnac du centre ville de Lille, le 11 octobre 2011.
Le magasin Fnac du centre ville de Lille, le 11 octobre 2011. — M.LIBERT/20 MINUTES

Badaboum. A peine sortie du giron protecteur de sa maison mère Kering (ex-PPR) au sein de l'indice CAC 40, le titre Groupe Fnac a plongé de 13,64%  à 19 euros jeudi à la bourse de Paris, qui a elle aussi reculé de 3,66% à 3.699 points, les investisseurs préférant céder des titres dont ils se sont retrouvés propriétaires un peu par hasard, via leur investissement dans le groupe de luxe Kering .

Actionnaires malgré eux

En effet, cette introduction en bourse, approuvée à l’unanimité par les actionnaires de Kering réunis mardi en assemblée générale, a pris la forme d'une scission et non d'une vente: les actions de la nouvelle entreprise Groupe Fnac ont été automatiquement distribuées aux actionnaires actuels de PPR à hauteur d’une  action du nouveau groupe pour chaque bloc de huit titres PPR déjà détenu. «Or, les investisseurs dans un groupe de luxe, tourné vers l'Asie, n'ont pas forcément envie d'être actionnaire d'un groupe centré sur la France et présent sur des marchés en difficulté», explique l’AFP.

«Ce recul n'est pas surprenant», souligne Jerôme Vinerier, analyste chez Andlil pour qui la Fnac a «un business model qui ne fait pas rêver».  Après un premier plan d’économie annoncé 2012, la direction a dû démentir ce lundi les informations du Parisien faisant état de plus de 600 nouvelles suppressions de postes au sein du groupe.

Du temps pour faire se place

«Le marché met du temps à s'adapter à une nouvelle valeur et les premières cotations sont peu représentatives de l'évolution prochaine du cours», tempère pour sa part un autre analyste cité par l’AFP qui a requis l'anonymat.

Le spécialiste du hard discount Dia, issu d'une scission d'avec Carrefour, et l'émetteur de titres prépayés Edenred, issu de la scission d'avec Accor, «avaient également eu des premiers moments difficiles», a-t-il rappelé.

«La Fnac a certes un cœur de métier peu porteur mais sa valorisation est faible et les opérateurs pourraient prendre le risque mais seulement plus tard une fois que les premiers chiffres d'activités seront publiés», a-t-il poursuivi.

Artemis, holding de la famille Pinault qui contrôle Kering, s'est engagé à conserver 39% de ses parts dans la Fnac pendant les deux premières années et «au moins 25% la troisième», selon le directeur financier de la Fnac, Mathieu Malige.